Vos petits bonheurs #25

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« L’eau, source de vie, chute sous les lumières d’automne et les reflets de feu. Le troupeau, têtes baissées, ne s’en aperçoit pas ».

Texte et photo : ©Monique Fraissinet

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Beauté (13)

Liliane-Paffoni

 

Le sentiment-paysage du 27 octobre à 14h12, par Liliane Paffoni :

«  L’automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l’hiver. » Georges Sand, François le Champi.

Texte et photo : ©Liliane Paffoni (Lac de Charpal)

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos images sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

Automne (To do list 6)

Dans la série des « To do list » écrites en atelier et inspirées par  Christine Jeanney et Marie-Christine Grimard, un sixième texte, écrit par Chrystel C.

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• laisser s’éloigner, impuissant, les lumières de l’été, entrer progressivement dans la pénombre
• s’imprégner des couleurs chaudes et éphémères de la nature environnante avant qu’elle ne se pare de ce blanc uniforme et silencieux
• sortir les vêtements chauds, les couettes, les couvertures, rentrer les plantes
• admirer la mer de brouillard qui enveloppe la vallée et lui préférer le soleil qui rayonne encore au-dessus
• vider la piscine et remplir ses pensées de gaufres, crêpes, chocolat et autres friandises qui feront un doux manteau de graisse pour supporter l’hiver
• ranger les salades, se remettre à la soupe
• songer aux anniversaires, aux fêtes de fin d’année, aux prochaines destinations de vacances pour garder espoir, se convaincre que la vie continue
• éteindre les lampions, rallumer la cheminée
• laisser venir à soi les sorcières d’Halloween, les fantômes de l’hiver, les monstres de la nuit
• observer les rassemblements des oiseaux dans le ciel, avant le grand départ, et se dire que ce sont eux qui ont raison…

Texte : Chrystel C.
Photo : Marlen Sauvage

Automne (To do list 5)

Dans la série des « To do list » écrites en atelier et inspirées par  Christine Jeanney et Marie-Christine Grimard, un cinquième texte, écrit par Aline Leaunes.

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• Retrouver l’odeur de terre humide, de champignons, de figues mûres, parfum que l’humidité appauvrit

• Nettoyer le bassin où la mousse, le lichen, les iris d’eau masquent la mosaïque monochrome au visage difforme

• Aller a la rencontre de François qui bientôt, avec ses brebis, rentrera de son estive solitaire

• Rentrer le bois sec dans la grange en savourant déjà la flamme qui s’élance, qui éclaire, qui crépite et qui réchauffe

• Sortir de l’armoire la cape verte aux couleurs flamboyantes qui illuminera les journées sombres et mon cœur tiède

• Devoir mais ne pas pouvoir fermer la cabane au fond du jardin ou résonnent encore les cris, les rires, les pleurs, les disputes des enfants partis trop loin

Texte : Aline Leaunes
Photo : Marlen Sauvage

 

Automne (To do list 4)

Dans la série des « To do list » écrites en atelier et inspirées par  Christine Jeanney et Marie-Christine Grimard, voici un quatrième texte, écrit par Liliane Paffoni.

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  • Attendre les pluies d’automne pour noyer ses larmes
  • Fuir la sécheresse qui s’est repue de la sève des arbres et des cœurs
  • Retrouver un chemin perdu dans les broussailles
  • Tendre ses mains vers le feu pour tenir l’hiver à la frontière
  • Ouvrir les portes, écouter les rires et les paroles des passagers de l’été
  • Cacher des objets, témoins muets du bel été
  • Reprendre sa respiration à deux

Texte : Liliane Paffoni
Photo : Marlen Sauvage

Automne (To do list 3)

Dans la série des « To do list » écrites en atelier et inspirées par  Christine Jeanney et Marie-Christine Grimard, voici un troisième texte, écrit par Monique Fraissinet.

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• Se baigner dans une lumière plus douce
• Lire dans le ciel la course raccourcie du soleil
• Laisser la lumière éclairer le rouge des vignes vierges
• S’éblouir avec l’or des feuilles du noyer
• Voir sur les pentes le bleu gris de la lumière, le violet des bruyères
•• Mûrir dans le jardin les boules orangées des potirons
•• S’ouvrir les bouches béantes des bogues
• Caresser le velours d’un bolet tête de nègre
• Peindre le marron des labours et la palette des couleurs du vignoble
• Faire le premier trajet à pied vers l’école
• Traîner dans la senteur des fougères
• Se souvenir de l’odeur des livres neufs
• Couvrir ses cahiers de papier bleu
• Ecrire à l’encre violette son nom sur l’étiquette.

Texte : Monique Fraissinet
Photo : Marlen Sauvage

Automne (To do list 2)

Dans la série des « To do list » écrites en atelier et inspirées par  Christine Jeanney et Marie-Christine Grimard, voici le deuxième texte écrit par Monika Esse.

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• Savourer la chaleur estivale des rayons du soleil sur le corps, alors que ce matin, c’était déjà l’hiver
• Peindre le rouge de la vigne vierge qui habille les pierres grises
• Revivre par procuration le rythme de la rentrée, scolaire, universitaire, cours, apprentissage, horaires contraints ou librement consentis
• Attendre ou craindre le déluge de l’équinoxe, épisode cévenol habituel et cruel, qui ponctue le changement de saison
• Échafauder des projets d’évasion vers les pays chauds pour fuir la grisaille de novembre
• Combattre vaillamment la mélancolie du temps qui s’échappe, supporter que les journées  raccourcissent, que le coucher du soleil sur le Causse avance de soir en soir, sans fanfare, que la lumière s’esquive trop vite, que les ombres tombent comme un couperet beaucoup trop tôt, que la vie s’arrête petit à petit, dans le village, dans le jardin
• Réanimer avec vaillance le feu dans la cheminée et les rêves d’un été retrouvé

Et ni les fêtes de la châtaigne, ni les chants de Noël, ni les journées qui remonteront vers le printemps ne changeront cette mélancolie-là.

Texte : Monika Esse
Photo : Marlen Sauvage

Automne (To do list 1)

Après les Todolistes sur le blog Tentatives de Christine Jeanney (4 injonctions rédigées à partir de photos empruntées), après la version des « To do lists » de Marie-Christine Grimard, voici ma première tentative, testée en atelier d’écriture samedi 23 septembre, premier jour de l’automne, avec quelques participantes qui ne tarderont pas à m’envoyer leurs textes afin que je les publie ici.  Merci donc Christine Jeanney et Chris !

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  • Enlever les feuilles roussies de la vigne au chasselas triomphant en ce dernier automne ici.
  • Méditer le matin vers 10 h dans les rayons de soleil sur la pierre chauffée au son des mésanges et des rouge-queues.
  • Remiser les agrès du portique si peu utilisé désormais.
  • Noter dans l’agenda les anniversaires à souhaiter cette saison.
  • Déguster les figues charnues à même l’arbre.
  • Se balader dans la nature en quête de mûres sauvages qui garniront des tartes éphémères.
  • Ramasser le petit bois pour les premières flambées dans les soirées devenues fraîches.
  • Se remémorer la rentrée scolaire des enfants quand leur petite main s’agitait vers moi derrière le grillage.
  • Admirer les couleurs orangées de la nature, ses ors et ses roux, sa vigueur encore.
  • Lever la tête vers le ciel à la nuit noire et compter les étoiles.

Texte et photo : Marlen Sauvage

Pensées d’automne

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Pendant que François Bon voyage de Philadelphie à Baltimore, ici on range le bois. Une tâche habituelle en prévision de l’hiver, associée à l’automne, aux jours qui raccourcissent, à l’humidité prégnante dans les maisons de pierre ; une tâche que l’on repousse de jour en jour, jusqu’à ce que le monticule agace la vue et l’ordonnance du paysage si l’on peut employer ce mot pour un décor aussi sauvage ; une tâche que l’on entreprend seul ou à deux, dans une économie de mots, et dans le flux des pensées du moment – gratifiante parce qu’elle apaise les tensions et que le résultat satisfait l’œil, qu’elle pérennise une certaine image de la campagne ou de la montagne à ce moment de l’année et mieux que cela, parce qu’elle nous rassure : nous aurons du bois pour l’hiver. On pense à tous ces auteurs qu’il faudra découvrir encore après Boussole, à toutes les musiques à écouter, aux atlas à feuilleter, parce que Mathias Enard nous y invite et qu’on ne peut se contenter de le lire. On pense à l’Orient et à l’Occident. On pense à la Turquie et aux deux millions de réfugiés syriens qui campent sur son territoire, à la Tunisie qui fait l’actualité pour le Goncourt cette fois, et c’est bien, mais en se disant que Pivot, le Bardo et un éventuel prix tunisien ne changeront pas grand-chose au fait que la lecture coûte cher là-bas [un Poche coûte au bas mot 20 dinars alors que le salaire moyen avoisine les 300… dites-moi si je me trompe, merci) ; on pense à l’intolérance de l’islam, à Hamed Abdel Samad, à Daesch, à ce que Lambert Schlechter en écrit sur son blog dans « attendri et sidéré » ; enfin, en parvenant à extraire la dernière bûche enfoncée dans la terre, on se dit qu’il faudra ratisser, que les sangliers labourent tout près de la maison cette année, on lève les yeux vers le sumac de Virginie, et on se demande si, à Baltimore ou à Philadelphie, villes horizontales ou verticales, les arbres gagnent le cœur de ceux qui les regardent.

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Texte et photo : M. Sauvage.