La maison de Giono

Les Amis de Giono l’avaient ouverte pour le groupe venu écrire avec Patrick Laupin fin mars à Sigonce. A Manosque, dans la maison de Giono baptisée Lou Paraïs, de pièce en pièce, j’ai découvert un homme, un écrivain lu il y a des dizaines d’années, et j’ai goûté la sérénité qui planait dans l’atmosphère et la lumière de ce jour-là.

Sur la route des Baronnies à Manosque, le village d’Aurel.

A Manosque, l’entrée dans le jardin de Lou Paraïs se fait par une ruelle. Pendant une bonne heure nous écoutons Jacques Mény, président des Amis de Jean Giono, nous raconter l’homme et son écriture. Un grand moment de culture, de joie !

Jacques Mény avec Patrick Laupin, à droite.

Dès 1930, Giono occupe cette partie de la maison (ci-dessus) où il vécut avec une grande famille : sa femme, sa fille, sa mère et son oncle, la grand-mère et l’arrière-grand-mère de sa femme ! Je ne peux pas restituer l’historique de cette maison ni des travaux qui ont eu lieu ici, en tout cas, ce dont je me souviens, c’est que Giono finit par occuper l’aile (ci-dessous) dont il destine le rez-de-chaussée à sa bibliothèque, et le deuxième étage a son deuxième bureau qu’il appellera Le Phare.

La terrasse ouvre sur la ville de Manosque et… sur le jardin potager, lequel sera cultivé de nouveau, nous explique-t-on pendant la visite.

De la terrasse, on pénètre dans la cuisine… une cuisine jaune, mes souvenirs !

La salle à manger, dans la même tonalité lumineuse…


Le trésorier de l’association des Amis de Giono, avec Patrick Laupin, à gauche…

Et ce carrelage !

Entouré de ses livres – ils couvrent des mètres linéaires dans chaque pièce de la maison quasiment – Giono écrit. Ici, j’ai admiré l’une des fresques de Lucien Jacques, un ami de Giono…

L’écrivain a occupé plusieurs bureaux dans cette grande maison où il a écrit la quasi totalité de son œuvre, jusqu’à sa mort, en 1970. On y ouvre de vieux livres, on découvre la richesse de ses collections. Ci-dessous, le premier bureau aménagé dans une petite chambre au-dessus de la cuisine, que Giono quitte en 1935, et qu’il retrouvera trente ans plus tard quand son état de santé ne lui permettra plus de monter les escaliers.

Les annotations rouges de Giono sur des ouvrages rares ou anciens… pour servir son écriture, sa réflexion, et tout ce qu’il « invente »…

Avant le deuxième bureau, une autre bibliothèque…

Giono occupera pendant treize ans le bureau (ci-dessous) qu’il appelle Le Phare, où trône encore la bouteille d’encre bleue.

Enfin, dans le grenier (mais nous avons visité la maison dans un autre ordre !) et toujours au second étage, un autre bureau, que Giono occupe à partir de 1948, une pièce aux couleurs chaudes et où subsiste encore sa présence.

Une présence sans doute suggérée par les objets quotidiens de l’écrivain, mais pas seulement…


Une fois le groupe reparti vers d’autres pièces, je l’ai vraiment éprouvée cette présence, à lire un manuscrit de Giono aussi peut-être, à regarder le paysage par la fenêtre, à effleurer la couverture des vieux livres posés sur le bureau, à fouler le tapis rouge… Vous y êtes ?

J’ai donc acheté sur place trois livres (car je ne connais rien d’autre de Giono en dehors de Un de Baumugnes, Regain et le magnifique Homme qui plantait des arbres), ce sont Les grands chemins, L’iris de Suse et Fragments d’un paradis. Et là, je savoure mes prochains petits bonheurs…

Textes et photos : MS