Les chaussettes, de M. Esse

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Une paire de chaussettes, la chaussette orpheline n’étant pas très utile pour habiller mes deux pieds. Donc, deux chaussettes, posées l’une sur l’autre, à plat. Douces, d’une blancheur encore neigeuse, aucunement abîmées par des lavages fréquents et savonneux. Toutes neuves, posées là, entourées d’un ruban rouge. En laine moelleuse, qui réchauffe le cœur avant de chauffer les pieds. Les mailles sont bien dessinées, on suit parfaitement le travail de la tricoteuse qui s’est aventurée jusqu’à créer des motifs, des tresses, des côtes, des rangées en mousse, mousseuse comme la laine blanche.

Je les mets le soir quand les nuits sont fraîches dans la vallée et que mes pieds ont du mal à réchauffer le lit. Je les enfile doucement, presque amoureusement, l’une après l’autre, sur des pieds lavés dans un bain à bulles, crémés, massés, satinés, elles entourent la peau comme une caresse, elles la réveillent, la tiédissent, lui apprennent le confort et peut-être bien la volupté. Quel bonheur d’avoir les pieds au chaud, de remuer les orteils dans la douceur de ces mailles ajourées, souples, d’un gonflant inimitable. Dans une matière naturelle qu’un mouton a porté un jour sur son dos, gambadant au milieu d’un troupeau  face à l’horizon immense du Causse. Toison blanche ou noire, hirsute ou bouclée, sentant le suif au thym et au genièvre, tondue, ramassée, filée, mise en pelote, en attente des aiguilles et du savoir-faire.

Jersey à l’endroit, point mousse, point de riz, diminution au talon pour la courbure, augmentation pour la plante du pied, diminution  pour la pointe et les orteils. Ce n’est pas un travail pour des gougnafiers, il faut du soin et de l’attention, du calme et de la sérénité. Que les belliqueuses s’abstiennent ! Il nous faut des philosophes pour tricoter rang par rang des chaussettes larges qui épanouissent les pieds, qui laissent vivre les chevilles, qui montent haut pour chauffer les mollets sans serrer. Une vraie œuvre d’art qui procure de la joie de vivre pour tout l’hiver.

Texte : M. Esse
Photo : Marlen Sauvage

Un premier prix pour Guillaume Baulès !

Avec le poème qui suit, Guillaume Baulès a gagné le premier prix 2013 du concours de poésie organisé par le département de la Lozère, dans la section « Collégiens ». Le thème était « avoir et être ». Pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, Guillaume a 12 ans. Félicitations !

Une histoire de pouvoir

Etre un hêtre ne change qu’une lettre
Mais, quand avoir a du pouvoir,
Ca ne change plus une, mais trois lettres.
Mais avoir ne veut rien savoir,
Il veut rester maître de cette histoire.

Hêtre dit, moi je suis arbre,
Mais aussi un verbe important,
Avoir lui dit, je n’suis qu’un verbe,
Mais tout ce que je désire
Se réalise tout simplement.

Hêtre, vexé, cherche diverses excuses
Pour prouver sa valeur de muse,
Mais avoir ne veut rien savoir,
Il dit qu’il préfère choir
Que de continuer conversation
Avec cet hêtre un peu trop fanfaron.

Chaque être humain a son hêtre,
Chaque verbe avoir a son maître,
Il n’y a pas d’être sans avoir,
Il n’y a pas d’avoir sans être.

Guillaume Baulès – Janvier 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chroniques urbaines, un concours à tenter

Publishroom et LE TEXTE VIVANT vous invitent au CONCOURS d’écriture et de création numérique « CHRONIQUES URBAINES »

Sous des genres aussi différents que sont le roman, le journal, la poésie, le carnet de voyage, la bande-dessinée, le reportage photo, l’illustration, le témoignage, la nouvelle,… Les auteurs-candidats au concours doivent présenter une œuvre littéraire (avec ou sans illustration multimédia) sur le thème « CHRONIQUES URBAINES, exprimant un rapport fort avec la ville (une ville natale, une ville visitée ou aimée).

Date de limite de dépôt des œuvres auprès de PublishRoom : jeudi 15 mars 2012.

Date de publication des résultats : à partir du lundi 16 avril 2012.

1er prix : 1 billet d’avion aller et retour Paris-San Francisco sur la compagnie XL Airways France pour deux personnes, en classe économique, entre le 26 mai et le 26 juin 2012, et, un contrat d’édition avec la maison d’édition numérique LE TEXTE VIVANT.

2ème au 5ème prix : un contrat d’édition avec la maison d’édition numérique LE TEXTE VIVANT.

La participation au concours est gratuite.

Age minimum pour participer : 15 ans, les mineurs devront fournir une autorisation parentale de participation.
Nationalité des participants : Internationale
Langue : Francophone
Qualité requise pour participer : aucune, ouvert à tous les auteurs ayant déjà été édités ou non.

Envoi de l’œuvre :
– L’œuvre doit être d’un minimum de 75 000 caractères (espaces non compris) ou de 50 pages A4 ; elle sera envoyée par mail à concours@publishroom.com , sous format Word, PDF, jpeg, ou sur support vidéo pour œuvres multimédia, avant le 15 mars 2012.
– Les candidats joindront à leur œuvre une brève note d’intention.
– Les candidats accompagneront leur manuscrit d’une petite biographie ou d’un curriculum minimal.
– Les coordonnées des candidats seront précisées sur l’ensemble des documents.
– Les documents doivent impérativement être des créations originales ou libres de droits s’il s’agit d’adaptations.