Journal du confinement J-15

Photo : Pato.

Dimanche 26 avril
Je refais surface VRAIMENT après quinze jours d’abrutissement quasi total dû au virus. Sans toux, sans fièvre, sans mal de tête, sans brûlure dans les articulations. Seule j’étais, mais entourée, merci à vous qui étiez présent.e.s, par vos petits mots, vos mails, vos photos, vos vidéos, vos appels, vos suggestions de musique… Libérée enfin de maux divers sans la certitude d’être immunisée, si j’en crois certaines informations, et j’ignore combien de temps encore je serai contagieuse. Pour m’accueillir ce matin, un petit vocal sur WhatsApp de ma nièce guyanaise qui après un « T’es une guerrière ma Marlen » me jette dans le bain du jour avec une diatribe contre le gouvernement, rejoignant encore dans ses coups de gueule et ses analyses ce qu’exprime Thierry Crouzet dans son billet. Oui, il y a de quoi hurler contre la bêtise crasse et les incohérences de ceux qui nous gouvernent. Et contre le pire qu’exacerbe la situation… la délation, à laquelle je ne voulais pas croire, par exemple, et dont on me raconte un épisode vécu. Froid dans le dos.
Mais je ne m’en tiendrai pas à ce qui démoralise. J’ai renoué avec mes habitudes quotidiennes, allant grapiller les mots des autres et leurs photos chez Marie-Christine Grimard, Brigitte Célérier, Dominique Hasselmann, Leyla, Adam Isler, et écouter les contributions chantées sur le site des Carnets de Marseille… Découvert aussi cette animation poétique envoyée par ma grande nénette québécoise. J’ai tenu compte des conseils de prudence des un.e.s et des autres, en ai fait le moins possible aujourd’hui, goûtant juste le plaisir de bouger sans douleur. Et rêvant d’herbe tendre, me suis contentée de la voix de Michel Simon et de Serge Gainsbourg.


MS

Journal du confinement #25

Photo : Marlen Sauvage

Vendredi 10 avril
Super bien dormi. Levée comme j’aime, aux alentours de 7 h. Avant 8 h je trouve sur FB, dans le fil d’actualité, Song for Karen, d’Olivier Martinelli, une reprise de About you de The Jesus and Mary Chain, qui est la BO de son bouquin Une Légende, lequel date déjà de 2014. Avec un petit mot rien que pour moi, de quoi vous réconcilier avec le confinement tout de suite ! Je sais que j’ai un grand sourire sur la « face » comme disent les Québécois, j’adore la voix d’Olivier qui le sait depuis quelques années déjà. Ecoutez-le, c’est doux, et abonnez-vous à sa chaîne ! Lisez ses livres, aussi, ce sont de beaux romans, vraiment.
C’est parti pour une belle journée, le pontias souffle ce matin, il veut nous débarrasser de ce virus qui nous tient confinés, j’ai envie de croire que le cosmos va finir par convaincre cette petite chose vivante de s’autodétruire. Et à 8 h 10 une pensée pour toi qui dois prendre ton café-sucre-pain-beurre quelque part sur cette terre. A 9 h j’ai écouté une douzaine de fois le titre d’Olivier… mon chat n’en peut plus, après m’avoir tourné ostensiblement le dos, il baisse les oreilles et me fait la tête ! Et puis une idée me traverse l’esprit, après la douche, d’enregistrer la chanson d’Olivier que je chante non-stop depuis deux heures. Et hop, sur Facebook (enfin, ce fut long pour moi de compresser le fichier et surtout de le téléverser)… Je me dis que j’ai du culot, ma voix sur celle du chanteur mais c’est sans doute pour prouver à celles et ceux qui craignent pour moi que je ne manque pas d’air !
Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec la marchande de volailles dans un bled voisin. A partir de 15 h 30, je me promène dans la campagne environnante, je respire à pleins poumons toutes vitres baissées et tant pis pour le virus voyageur, les montagnes au loin sont superbes, tous les arbres sont en fleurs, je trouve tout magnifique, mais tout est magnifique. J’ai juste oublié de prendre mon appareil photo… Je reviendrai. Un peu de mal à trouver la ferme, je questionne sur ma route une dame en train de jardiner : c’est sa nièce, la fermière ! Une petite route où l’on ne peut se croiser, des virages au milieu des vignes et puis c’est là. Je me masque, dans la boutique on est masqué aussi, normal, et j’achète tranquillement mes volailles et mes fromages de chèvre d’Ardèche, quand je sors, impossible de me dégager du rideau de porte qui m’encercle ! Obligée de me faire aider par la jeune femme qui éclate de rire après moi et tout près de moi ! Nous sommes masquées, je vous dis ! Puisque le masque interdit les sourires, qu’au moins les rires se fassent entendre.
Je devais acheter des cartes de Pâques pour mes 3 petits loups et je réalise que Pâques, c’est ce dimanche. Pfff ! Ordinairement déjà j’ai du mal avec le calendrier, et depuis si longtemps que cela ne sera pas un marqueur d’Alzheimer pour moi, mais là je suis totalement hors du coup.
Un coup d’œil au Huffington Post et une nouvelle plutôt intelligente sur l’accord des 27 de débloquer plus de 500 milliards d’euros pour soutenir l’économie européenne. Je me demande régulièrement où est passée l’Europe, elle survit semble-t-il.
Et parmi mes petits bonheurs du jour, le blog de Dominique Hasselmann Métronomiques, où l’esprit critique le dispute à l’humour, et c’est très très sain tout cela. 

MS

Petits bonheurs  (42)

 

D-Hasselmann-Belfast-ateliers-deluge

« J’aime ce balancement – sur un rythme de boggie-boggie – du TGV me ramenant, le 4 janvier, après un petit séjour à Bâle, vers Paris. La vitesse est une musique filante. »

Texte et photo : ©Dominique Hasselmann

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