2009/Parler de l’exclusion, avec l’ETES de Marvejols

 

  
Une semaine non stop pour écrire sur la précarité, la pauvreté, l’exclusion, avec des étudiants de l’Ecole de travail éducatif et social de Marvejols (ETES). Le projet était mené par les Ateliers du déluge en association avec un artiste plasticien, Jean-Paul Delaitte, qui anima des ateliers de land art en alternance avec les ateliers d’écriture. Au final, une sélection de textes à dire, et de jolis carrés réalisés avec les matériaux de la nature.
©Benoît Poudevigne, Behran Mullon, Baptiste Pages

ETES/Mathilde – Un sujet grave, un langage sobre

Un soir, un appel,
Une voiture qui démarre,

Un désastre,

Un appel,
Un visage décomposé,
Un bout de vie qui part en fumée,
Un atelier, un travail, douze ans d’une vie,
Les pompiers, le bruit, la chaleur, l’angoisse, les curieux,

Et puis plus rien, plus personne,

Juste nous là,
Le regard triste, vide,
Une catastrophe,
Il ne reste qu’un tas de gravats,
Tout le monde est parti, il ferme.

Mathilde, monitrice-éducatrice en apprentissage, ETES de Marvejols.

ETES/Anaïs – un sujet grave, un langage sobre

Cela fait sept ans. Sept ans de souffrance. Que faire ? Attendre.

Un homme allongé, un regard vidé, des joues creusées, un corps décomposé. C’est dur. Nous sommes des roses qui fanent et qui disparaissent. Proche de lui, une femme. Serrant sa main. Fatiguée, dépassée par tout ce qui l’entoure.

Le ciel est gris, elle ne voit que par lui. Un silence. Une télévision en bruit de fond. L’amour avec un grand « A » d’une femme pour son mari. Elle ne lâche rien. Cela fait sept ans, mon grand-père est toujours là.  On ne baisse pas les bras. Cette maladie on la combattra.

Anaïs, monitrice-éducatrice en apprentissage, ETES de Marvejols.