Jardin sauce vinaigrette

6 h 45, je file au jardin pour un semis de haricots nains. Le soleil sur les cabanes patine le bois brut d’une douceur dorée. Ici, c’est la campagne à la ville, on est un peu en dehors de la vie, malgré le garage en face des parcelles ; en dehors dès l’instant que l’on a les mains dans la terre. Je n’avais pas prévu de retourner une fois de plus le bout de jardin non semé, mais c’est une terre à cailloux et à glaise, il faut casser les mottes et désherber encore avant de tracer les sillons et y jeter les graines.

Un coup d’œil derrière moi pour saisir ces tournesols orangés et l’intrus au milieu !
Deux heures après mon arrivée, il est temps de plier bagage, le soleil chauffe déjà, les promeneurs arrivent sur la digue, les élagueurs élaguent, et je traîne la patte jusqu’à l’appart… Oublié le massage ayurvédique d’hier…

Un petit café réparateur en arrivant, devant le bouquet de zinnias et le miel tout frais sorti de la ruche, cadeaux reçus hier lors d’une visite à des amis paysans. Et je déguste pour la énième fois la Vinaigrette n°3 – revue moléculaire de photo/poésie – qu’édite Sandrine Cnudde, avec un texte de Bérengère Cournut, qui donne envie d’en lire davantage de cette femme qui entend chanter les falaises.

Texte et photos : Marlen Sauvage