Un Zap book jaune [≠ 18]

Je me souviens de ce vieil homme en Irlande dans une chambre d’hôte (Connemara) tenue par la belle-fille des propriétaires, grand, sec, aveugle, et qui venait « déranger » les conversations au salon. J’avais l’impression que sa femme, âgée d’environ 75 ans, avait cherché à le cacher. Leur fils, 30 ans à peu près, était déficient mental, léger, et voulait jouer à un jeu de société avec moi.

« C’est en ne négligeant pas ce qu’ils disent que l’on commence à respecter les êtres humains » Elias Canetti. Le Flambeau dans l’oreille.

[Rien de pire en effet que de parler et de ne pas être entendu… C’est une violence extrême pour celui qui ose s’exprimer d’être ainsi rejeté dans l’indifférence. J’avais transcrit cette citation parce que l’attitude vis-à-vis de cet enfant de 30 ans m’avait scandalisée.]

(…)

[Suit une liste d’auteurs russes, japonais, anglo-saxons, latino-américains que j’intègrerai ailleurs, dans un document dédié à mes lectures.]

10 décembre 2001
Découverte de Jorane à La Cigale, une enchanteresse qui joue avec les sonorités de la langue imaginaire qui est la sienne, qui joue de sa belle voix et de celle de son violoncelle. Elle nous emmène dans son univers psychédélique, sensuel, mystique, éminemment terrien, animal aussi, et désertique. Une belle jeune femme pleine de « punch », généreuse, qui sait faire chanter un public à 4 voix, avec un groupe de 4 personnes autour d’elle, artistes comme elles.
Penser à ces sons pour l’écriture d’Antoine et à la voix avec ce que j’ai relu aujourd’hui de FM.

[Très beau souvenir que celui-ci. Antoine écrit; FM, tombé dans l’oubli.]

Tu as rêvé d’un paradis (Olivier, le paradis des élus) qui serait dévoré par des mangeurs de temps.

[S’agit-il d’un de mes rêves ou de celui de M ?]

Licence Creative Commons

Fragment poétique

Pour cette proposition, il s’agissait de dériver à partir d’un mot, d’échapper à une forme de langage qui voudrait être signifiante… de dériver en fonction de la sonorité du mot pour aller éventuellement vers du sens. On pouvait donc travailler un chant dont le sens importe peu, à la façon des indigènes australiens « Les mots n’ont aucun sens, mais le chant signifie : Prends-le, je te le donne. » J’avais lu le texte intitulé SONS, dans Les techniciens du sacré, Ed. José Corti, 2007. On peut aussi évoquer Jorane, artiste violoncelliste, et les mouth-music du folklore irlandais… Et bien sûr, mentionner Gherasim Luca, et son texte Passionnément.

Le mot était : l’automne.

Chrystel C a écrit ceci pendant cet atelier :

« Loto, tolo, olto, tolone, colonne,
Lo, lo, l’eau, l’aune, tonne, tonnelle, elle tôt, lote, moletonne, elle tonne la colonne,
Colonette, lotonette, salopette, talonette, lotonal, tonal, cardinal, lotocar, tocard, carloto, carlito, litonal, litolo, lis tôt, vite au lit, lotoli, ni le tôt, tonilo, tonimo, monito, animaux. »

« L’aut l’auto l’autocar tocard carmino carmina carlota,
l’aut l’automnal l’eau tonneau, le tonneau, loterie,
l’aut l’eau l’homme l’homme tôt l’homme trop tôt se lève. »