Calme

marlen-sauvage-pelac

Le pesant est la racine du léger ;
La quiétude est maîtresse de l’agitation.
Aussi le prince voyage-t-il tout le jour
sans quitter son pesant fourgon.
Devant les spectacles les plus magnifiques
il reste calme et détaché.
Comment le maître de dix mille chars
pourrait-il se permettre de négliger l’empire ?
Qui se conduit avec légèreté
perdra la Racine de son autorité,
Qui s’agite
perdra la maîtrise de soi.
Lao-tseu, Tao-Tö King
Traduit du chinois par Liou Kia-hway

Productions élémentaires (47)

Un zap book jaune [≠ 12]

George Steiner, écrivain et philosophe, croit lui aussi que peu de gens savaient ce qui se passait à Auschwitz (interview dans L’Express du 28-12-2000)

Bon, cette année [2001], j’aimerais bien teinter au moins dix œufs pour Pâques. Drôle de souhait, non ? Il me faudra 3 jours pour ça.

[Les œufs sont liés pour moi à une tradition que me racontait ma mère alors qu’enfant elle vivait dans le Charollais : on teintait les œufs quelques jours avant Pâques avec des teintures naturelles : oignon, épinards, betteraves… Et le jour de Pâques, on les faisait rouler du haut d’une pente. Ceux qui arrivaient « sains et saufs » en bas faisaient gagner le gros lot à leur propriétaire. J’ai oublié ce qu’était le gros lot ! Je ne me souviens pas avoir fait rouler les œufs étant enfant, mais j’ai coloré les œufs avec mes propres enfants pour maintenir une tradition qui les dépassait d’une génération.

Je me suis intéressée à la peinture sur les œufs après avoir vu une exposition d’œufs décorés, j’ai acheté tout le nécessaire, peint quelques œufs et oublié ma passion quelque part dans un tiroir. J’ai collectionné les œufs, ils sont à l’abri de la poussière dans un autre tiroir. Parmi ma collection, deux œufs (en bois, en cire) offerts par des résidents d’une maison de retraite en région parisienne qui accueillait des Russes et des gens des pays d’Europe de l’Est. J’y tiens autant que les plus beaux de la collection. J’aime toujours ce symbole de la vie, du renouveau. Et puis un œuf, c’est comme une pomme de terre ou une châtaigne, il y a tellement de manières de l’accommoder qu’on ne peut pas se lasser d’en manger… quand on les aime.]

Je repense à cette chambre n°5 donnée trois fois à des personnes qui se sont suicidées dans le petit hôtel « Chez Fernand » à Villefort. Noyées dans le lac. Seules les chaussures ont été retrouvées sur les berges.

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Un petit Moleskine tout noir [≠11]

Samedi 28 mai [2005]
Départ à 7h30 pour Québec, Maison Ste-Ursule. Sympa. Galerie de l’art inuit, où l’on apprend que Chirac a mis les pieds en 1999 ou quelque chose [je me sens obligée d’ajouter que ça nous faisait une belle jambe ! Il y a pléthore d’endroits où l’on se félicite d’avoir accueilli « de grands hommes », ici comme chez nous]. Balade dans les rues de la vieille ville où l’on accède par un funiculaire, bondées de touristes, ville anciennement habitée par les immigrants puis les artistes. (…)
Dimanche, on trace vers Baie-Saint-Paul en passant par Ste-Anne-de-Beaupré, et sa galerie d’art tenue par la femme d’un artiste peintre italien du Frioul… [une des régions d’origine de mon chum ! Le monde est petit.] Pluie et grisouille.

Bout du monde à Baie-Saint-Paul face au Saint-Laurent. C’est l’hôtel de la plage où dort un chalutier rouge, « L’accalmie ». Coup de foudre. Nous nous arrêtons là. (…) Nombreuses galeries d’art [de l’art très commercial !], quelques petites maisons à vendre. (…). On mange des nachos en dégustant de la bière dans une microbrasserie. (…) Des oies blanches séjournent sur une petite bande de terre face à nous. Le soir-même nous regardons le peuple migrateur on the TV saucissonnée de publicités. La France a dit non à 56 % au référendum sur le traité constitutionnel de l’Europe.
Le lundi on se promène dans Charlevoix, superbe, magique, magnifique, nous n’avons pas de mots. Photos de l’Ile aux Coudres en face de nous. Visite de la papèterie Saint-Gilles, les gens sont gentils comme tout. Vidéo. (…) Migraine à Malbaie. (…)
Je file au bout du bout de la jetée écouter les mouettes et lire Un homme qui dort.
Le mardi. J’ai oublié de parler du massage à l’Auberge des Cormorans lundi matin, énergétique !
Le mardi donc, en route pour le nord et la région du lac de Saguenay. On découvre le lac à Elise (petits cailloux roses), le lac à Lisé, le lac pointu, le lac de la Galette, le lac Vernier… L’un deux est gelé, mais d’autres suivront. Végétation de montagne, sapinettes, puis plus rien, des arbres morts. Une petite église de 1930 ? Photo d’un porc-épic qui mange délicatement des bourgeons tendres en tenant les branches avec sa patte gauche. Découverte du lac Haha en surplomb le paysage est démesurément beau !

[Tout récemment, alors que je visitais la Margeride (en Lozère), le lac de Charpal m’a surprise par son air de famille avec cette belle région du Québec, à l’automne sans doute la ressemblance doit être encore plus frappante.]

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