Jeu du soir, Patience

Paris Avec Tempête Immersion Eveil Note Catimini Encore

Leur balade favorite restait Paris, tôt le matin pour surprendre la ville dans son éveil, ou encore tard le soir pour une totale immersion dans son intimité nocturne. Alors, ils se transformaient en espions des uns et des autres, se faufilant dans les cours fleuries des hôtels particuliers, glanant ici une note de piano, là les bribes d’une conversation, pour repartir en catimini avant la clôture du portail, la peur au ventre de déclencher dans leur course finale une tempête de bruits divers. Ils renouvelaient cette frayeur chaque fois avec délectation.

Marion Soleil

Jeu du soir n° 19

Livre, Stéphanie Heendrickxen

Lancement Impertinent Vaseux Revers Emballer

D’un revers de la main, elle refusa son invitation au lancement de son livre. Elle savait son geste impertinent, mais elle ne se laisserait pas emballer comme ça. Avec lui, elle avait l’impression d’être une truite qu’il fallait ferrer à tout prix. Elle en avait marre de ses sous-entendus vaseux, elle était décidée à lui filer entre les doigts.

Le tableau ci-dessus est une œuvre de Stéphanie Heendrickxen, peintre et auteur de jeunesse. Il s’intitule « Odile ne mord pas, elle croque », et il me semblait pertinent pour illustrer le jeu du soir proposé… Stéphanie vit au Canada.

Photo issue de : http://www.artflakes.com/

Jeu du soir, Livre

Loin Ivre Vulnérable Rigide Emouvant

La pluie ruisselait sur les pavés de la ruelle. Il s’était réfugié sous le porche, ivre. Les yeux perdus dans le vague d’une pensée, peut-être, il se tenait rigide avant de s’effondrer, pleurant sur le pavé. Pleurant sur le passé. Pauvre vie trahie, pauvre âme vulnérable, à quoi tout cela tenait-il vraiment ? Rien n’était plus émouvant pour lui que ces images du bonheur présentes dans sa torpeur, malgré elle resurgies. De loin, elles revenaient le torturer.

MS

Jeu du soir n° 18

Absence, Stéphanie Heendrickxen

Abcès blanc suinter écorché nœud crever encore

Elle étouffait, asphyxiée par les mots pendant dans sa gorge blanche, ces écorchés suintant la honte, elle préférait crever, là, tout de suite et encore, plutôt que d’en cracher le nœud, d’exhiber cet abcès qui signifierait sa fin en tant que femme.

Photo©Marc Guerra

Jeu du soir, Absence

Abri Baiser Silence Ecarté Nuit Cithare Eblouissant

Elle écoutait dans la nuit cette musique échappée d’un cithare. Ça lui rappelait un air tzigane, entendu où ?
Elle se détendit dans son lit, à l’abri de ses draps. Près d’elle, il s’était endormi sans un baiser, sans un sourire. Elle s’en était écartée doucement. Les notes lui parvenaient assourdies, pour qui jouait-on ? Pour elle, elle souhaitait cette musique pour elle. Elle la goûterait encore dans le silence et demain dans le matin éblouissant.

Meredith Sample

Jeu du soir n°17

Jeu du soir, Chat

Court Homme Amertume « Tant pis »

« Chat », ce soir, ce n’est pas un hasard. Les circonstances… et puis j’ai décidé de faire court. L’homme marche seul quelque part dans Paris, et la femme marche seule dans sa tête le soir, seule, sans amertume. Il « rohmérise », elle attend son tour. Dans les films de Rohmer, souvent elle a pensé « Tant pis ». Pour qui ?

Mermaid Sage

Jeu du soir, n° 16