Petits bonheurs (130)

Photo : Cécile Camatte

Dans quasi toutes les maisons où j’ai vécu, seule ou non, le hasard a voulu qu’il y ait un lilas. Enfant, je faisais des colliers éphémères avec ces petites fleurs, ma mère me laissait toujours une branche pour faire la belle. Plus tard, à Marseille, dans ma maison au jardin, j’ai appris à m’occuper de l’arbre. J’aimais couper les pousses inopportunes et puis les inflorescences après la floraison : important pour qu’il fleurisse plus et mieux l’année suivante. Le lilas fut un des arbres que j’ai eu fierté à voir ainsi redevenir gaillard sur ce terrain où j’ai vécu quelques années. Ici, là où je vis, j’ai plaisir à retrouver ce bonheur, ainsi que celui de pouvoir me faire un bouquet. « Il faut bien écraser les tiges avec un marteau, c’est ainsi que le bouquet peut perdurer ». Savoir acquis auprès d’une passionnée de fleurs, belle dame aux yeux bleus magnifiques et à la superbe chevelure blanche qui aimait me donner un bouquet de leur merveilleux lilas blanc, après un passionnant cours de chant, pris en bord de mer. Le lilas, pour moi, c’est beaucoup de petits bonheurs.

Cécile Camatte

Petits bonheurs (91)

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« Odeur sucrée, énivrante, voluptueuse. Lourdes grappes mauves. Egayer le gris du schiste. Bonheur double au printemps et en été. »

Texte et photo : Monique Fraissinet

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De rêve et de lilas

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Je rêve et je me réveille
Dans une odeur de lilas
De quel côté du sommeil
T’ai-je ici laissé ou là

Je dormais dans ta mémoire
Et tu m’oubliais tout bas
Ou c’était l’inverse histoire
Etais-je ou tu n’étais pas

Je me rendors pour t’atteindre
Au pays que tu songeas
Rien n’y fait que fuir et feindre
Toi tu l’as quitté déjà

Dans la vie ou dans le songe
Tout a cet étrange éclat
Du parfum qui se prolonge
Et d’un chant qui s’envola

O claire nuit jour obscur
Mon absente entre mes bras
Et rien d’autre en moi ne dure
Que ce que tu murmuras

Aragon

Photo : Marlen Sauvage