Ateliers de campagne (3)

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“La prison, c’est un peu ma famille…” C’est ainsi que démarre l’entretien mené par l’un des détenus avec l’aumônier catholique de la maison d’arrêt de Mende. Et c’est l’aumônier qui parle ! Tous les jeudis après-midi depuis neuf ans, il ouvre l’aumônerie à un groupe de six ou huit, ou à des détenus seuls, en entretien individuel. La pièce ouvre sur une grande fenêtre… à barreaux, mais elle est lumineuse et les détenus s’y sentent bien. C’est ici que j’anime les ateliers d’écriture et que depuis quelques semaines, nous pratiquons l’écriture journalistique. Aujourd’hui, chacun relit son article, destiné au journal bimestriel que nous avons créé et auquel a été donné le titre de Celluloïd. La production poétique et romanesque des participants trouve sa place parmi les sujets concernant la vie de la prison, l’actualité, un dossier thématique, les recettes de cuisine… Je suis fière de ce travail avec eux… Car même les plus réfractaires à l’écriture pour des raisons toutes respectables, les plus hostiles au métier de journaliste, ont joué le jeu de la conférence de rédaction, du choix des sujets, de la répartition des rôles, pendant plusieurs ateliers. Je les ai vus prendre plaisir à préparer les entretiens, à rédiger les brèves, à agencer leur papier pour qu’il reflète une information objective, sans se perdre dans des considérations qui n’avaient pas leur place à cet endroit-là. Le journal se fabrique en équipe avec trois autres intervenants dans leurs ateliers respectifs, un illustrateur et une maquettiste, ainsi qu’un professeur des écoles. La direction de la prison et le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) jouent le rôle de garants de la ligne éditoriale. Mais nous ne dépassons jamais les limites, bien que ce ne soit pas l’envie qui manque parfois aux détenus… L’atelier d’écriture est ici plus qu’ailleurs un atelier de parole : je les écoute chaque semaine pendant un quart d’heure avant de démarrer les propositions d’écriture. Nous alternons ainsi la parole, l’écriture journalistique et l’écriture romanesque… L’expérience du journal ne durera que quelques mois, faute de moyens.

Je franchirai les portes de métal durant trois ans chaque semaine, ne sachant jamais à l’avance qui serait là des détenus inscrits, accueillant d’une semaine sur l’autre un ou plusieurs nouveaux venus à intégrer dans l’atelier. Ce mardi, c’est jour faste : le groupe autour de la table rassemble une dizaine d’hommes. Parmi eux, un jeune inconnu de 28 ans, incarcéré pour 18 mois (c’est lui qui le raconte car je ne pose jamais aucune question quant à leur présence ici). Après les présentations et l’accueil, il refuse d’écrire à partir d’une suggestion ayant recours à la mémoire de l’enfance : trop de souvenirs difficiles. Il l’exprime avec violence, une violence qui transparaît dans le ton de sa voix, dans sa gestuelle alors que je viens de préciser que personne n’est obligé d’écrire. Je perçois toute sa frustration. Il ajoute alors pour préciser (mais je sens percer comme une menace) qu’il est d’un caractère violent. Je reste de marbre. Les autres ne bronchent pas non plus, ils m’observent. Dix paires d’yeux me fixent alors que je fixe le jeune assis en face de moi, face à la fenêtre. J’attends la suite ! Je suis à contre-jour pour lui. Ce qui me traverse l’esprit, c’est qu’il puisse mal interpréter les expressions de mon visage. Je me demande aussi très vite pourquoi il assiste aux ateliers. Pour bénéficier d’une réduction de son temps d’emprisonnement ?  Le jeune homme parle toujours, il s’énerve, je lui rappelle qu’il a le choix d’écrire ce qu’il veut en réponse ou non à la proposition et même de ne pas écrire du tout. Peut-être préfère-t-il retourner dans sa cellule ? Je peux appeler le surveillant qui le raccompagnera. Non. Il choisit de rester… « pour voir ». Après son intervention, chacun s’est penché sur son cahier, dans le calme. Et après un temps d’observation je le surprends à écrire lui aussi. Quand vient son tour de lire son texte, c’est une suite de questions qui toutes portent en creux leur réponse. Les regards fusent vers lui, dans une attention soutenue à ce qui vient de s’exprimer. Il finit par confier que se souvenant de la promesse de sa mère de ne jamais venir le voir en prison (il avait douze ans à l’époque !), il a refusé de l’accueillir lorsqu’elle s’est présentée durant la semaine précédente. Autour de la table, tout le monde semble comprendre son malaise, sa souffrance, son chagrin. Il y a des visages qui acquiescent, d’autres qui plongent vers leur feuille, mais l’émotion est palpable. Je n’ai pas grand chose d’autre à dire à ce moment-là que le remercier de partager son désarroi aussi simplement et d’avoir réussi à l’écrire par un long questionnement. J’ajoute que tout cela reste entre nous. Jusqu’à la fin de notre discussion, le groupe s’est montré attentif et personne n’est intervenu. Au cours de l’atelier, le jeune écrit la proposition suivante sans discuter…

Je vivrai durant ces trois ans de nombreuses situations comme celle-ci. Une fois seulement je serai aux prises avec un homme réellement violent que des détenus maintiendront spontanément en place. Ici plus qu’ailleurs, l’atelier requiert une attention aiguë aux moindres gestes du groupe, aux expressions de visage, au ton de la voix, et une écoute entre les lignes, souvent, de ce qui s’écrit dans une grande sincérité… Il est 11h30. Je repars comme à chaque fois secouée après cette heure et demie derrière les barreaux. Une fois la porte de l’aumônerie ouverte par le surveillant de service ce matin-là dans un bruit de clé qui ne s’oublie pas, une fois les nombreuses autres portes activées à distance passées dans un grincement métallique, et le portique de contrôle, et la dernière, immense, qui ouvre sur la liberté, j’expire toute ma tension. Je redescends vers le centre-ville – la prison est située sur les hauteurs – puis je roule vers Marvejols, à une vingtaine de minutes de là, pour l’atelier de l’après-midi prévu à l’école de travail éducatif et social.

(à suivre)
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Quand j’étais enfant il existait une série télévisée intitulée Médecin de campagne… Le médecin était une femme et la campagne alors ressemblait à celle où je vivais dans la Drôme. Depuis que je sillonne les Cévennes pour animer ici et là des ateliers d’écriture, je ressasse l’idée d’écrire une série de souvenirs arrangés autour de ces allées et venues. Tout sera donc vrai  en grande partie, et faux dans les mêmes proportions.

Texte et photo : Marlen Sauvage
(Photo : Le causse entre Florac et Mende à la tombée du soir)

Paroles captives, extraits

Derrière les barreaux, ils écrivent… des salades de vers, des moments immobiles, des rêves qui traversent leur pensée cloîtrée, leur vie de détenu, quoi. Ce qui suit est publié avec l’accord des détenus rencontrés ces trois dernières années. Les signatures sont fictives. 

Je vous parle de la pêche car je suis un fils de pêcheur et que j’ai du sel qui coule dans les veines.
Le pêcheur

Le galet
Je suis à Menton, sur la plage aux chiens. Il y a longtemps que je suis là, des milliers d’années. D’ailleurs, je suis tout arrondi. Je n’ai pas dit tout rond. Car je ne suis pas rond, vous ai-je dit déjà que je n’aime pas la perfection ? C. est venu me voir, me toucher de ses pieds. C’est normal, il habite boulevard du Garavan, je crois. Garavan, c’est le nom de ce quartier près d’un poste frontière qu’on a vu dans Le Corniaud, avec Bourvil et de Funès. Je me sens bien là où je suis. Je suis existence. Existence, non pas action. Je suis paresseux. Un paresseux c’est quelqu’un qui activement ne fait rien. Enfin dans mon cas je contemple, comme Diogène dans son tonneau qui disait « ôte-toi de mon soleil que je puisse contempler ! ». C’est un boulot de contempler ! Mais non, je suis, tout simplement. Il paraît que c’est le printemps, les badauds reviennent fouler la plage. Je ne le ressens pas beaucoup le printemps, moi je suis minéral. Oui, c’est ça, minéral. La plus inerte des créations. Evidemment tous ces touristes excités me bousculent. Et il faut me bousculer pour que je bouge un peu. Tiens, voilà le chien de Lily Moore qui vient faire pipi. Me rafraîchir un peu.
Gary

J’ai dans le regard la rue Michelet, un paysage grandiose caché par un grand mur ovale…
Guy


Géographie
Alès. Avec mes deux chats dont un qui s’est fait croquer par un chien. Le deuxième, son frère, que l’on m’a volé à Mende, au bord du Lot.
Uzes, pour les aides alimentaires. Un psychiatre.
L’Hérault, Montpellier pour les chantiers en construction.
Nîmes pour les chantiers et les travaux publics.
Villeneuve-les-Maguelonne pour le foot au stade de la maison d’arrêt.
Aiguillon Lot et Garonne, industrie de la conserve et les bonnes relations avec les copains.
Matignas pour les sauts en parachute.
Charente Maritime pour la manche, le bon cœur des habitants et la soupe populaire.
Lambersart, Lille.
Fabien

dans la maison
assis sur le tapis
je regarde les saisons
qui passent
toute l’éternité ne les fera pas changer
Nordine

Hommage
Tu vas avoir 82 ans, ce mois-ci, quel bel âge, grand-mère. Tant de jours passés comme de pages tournées, de joies, de pleurs, de connaissances et de naissances, de fêtes et de défaites, tout un parcours de bonheur, de peurs, de terreurs, sous l’emprise du Fuhrer, de larmes d’amour pour ta famille que tu as faite pour ne pas tourner la dernière page de ton livre. A ma grand-mère F.
Pedro

L’histoire que j’aurais voulu poursuivre
Tandis que nous traînions au bord de l’eau, comme font les marins oisifs à terre, nous avions des kilomètres de plage déserte pour nous évader. Nous enlevâmes nos chaussures et nos chaussettes, je remontai mon jean, elle releva un peu sa robe pour aller se tremper les pieds dans l’océan refroidi par l’orage du matin, c’était la mi-septembre et l’air était agréable. Les touristes étaient repartis vers d’autres cieux. Nous avions décidé de pique-niquer sur la dune pour avoir une vue d’ensemble. Dans le salon devant le canapé, il y avait une table de nuit en bois avec un tiroir sculpté…
Bernard

Tant de temps perdu
Tant de chemin parcouru
Tant de peines vécues
Tant de portes fermées
Tant de repas détestés
Tant que je tiens debout

Ce qui ne va plus
Ce qui ne marche plus
Ce qui nous tombe dessus
Ceux qui nous écrivent
Ceux qui nous ignorent
Ceux qui nous inspirent
Ceux qui nous montrent du doigt
Ce qui nous dépasse
Y a-t-il une porte de sortie ?
Nordine

J’ai oublié le son de sa voix et son visage depuis que je l’ai quittée une nuit d’orage pour un long voyage, mais le jour de mon retour, j’espère la retrouver aussi belle que je l’ai laissée.
Sim

Sur le cahier tombé sur le sol, son avenir était écrit. Il pleura.
Sim

Mes souvenirs de sommeil
Enfant, dans une caravane, il pleuvait, c’était génial.
Adolescent, dans une cave, j’étais saoul… Mauvaise nuit.
Au commissariat, garde à vue mouvementée, car j’ai mis le feu. Panique, intoxication. Monoxyde de carbone.
Le meilleur… Nuit d’amour avec ma femme aux Saintes Maries de la mer dans un camion aménagé… (Super)
Avec mon petit-fils de six mois endormi sur moi. Le régal de sentir l’odeur de bébé contre soi.
Une chambre d’hôpital, dix jours de coma. Aucun souvenir.
Le plus mauvais souvenir : première nuit en prison. Angoisse, stress, panique, cauchemar.
BD

La porte. Toutes pareilles. La grande pièce. La chambre des filles. La place des garçons et la chambre des parents. Le jardin me paraissait très grand, l’arbre avec les caisses, le cabanon où il y avait le charbon la balançoire les colombes le bac pour la lessive – et le bain les voisins, poulette – et la mère menthe – l’école des garçons plus loin que celle des filles – à dix ou onze ans déménagement le HLM – tout change eau chaude –  salle de bains – quatre chambres – le bonheur – les copains, les mêmes qu’à la cité d’urgence le bois, les collines. Le fort – même école – le long trajet – la cantine pas un bruit – la cour de récré et cet arbre – les murs en pierre saillantes le tobbogan qui nous était interdit puis changement – école mixte
Sergio

Souvenir
Les graines de piposol qu’on achetait à la boulangerie ce petit sachet de très peu de graines et ce goût de salé – une vraie arnaque il y en avait plus après qu’avant
Sergio

Profondément dans mes yeux
J’ai dans le regard les chevaux de Camargue, la mer, les étangs, ainsi que les moustiques qui piquent
J’ai dans le regard la fête des Gitans du 24 mai, célébration et chant religieux et flamenco. Un regard exceptionnel.
J’ai dans le regard les oiseaux et les bateaux, la mer que j’ai survolée en avion pour Ibiza. Magnifique.
J’ai dans le regard mon pauvre père travaillant le fer, avec son camion et sa grue, chargeant des carcasses de voiture pour gagner notre pain.
BD

Fiction

Sa tristesse, c’est un état permanent. On peut peut-être appeler cela “mélancolie”. Je veux dire qu’il n’y a pas de cause récente à son état de morosité. Elle est triste, un point c’est tout, comme elle mesure un mètre soixante, un autre point, c’est encore tout.

On ne voit pas cela bien sûr quand on vient lui demander une boîte de sardines, ou une salade, ou un kilo de pommes de terre. Là, elle est “normale”, fait sinon bonne figure, du moins figure commerciale. Elle laisse glisser son échelle le long des rangements et va chercher la boîte de sardines piquantes, je précise, j’aime bien.

Gourmandise
C’est de la confiture de marron. Je la ramenai de chez moi le dimanche soir, quand je rentrais à la pension, au collège de G. Elle avait un goût particulier, pas de confiture. Non, un autre plus épais, un goût plus rude.

Je croyais cela facile
Séduire Cécile !
Quel imbécile !
C’est qu’elle n’est pas docile, Cécile
Je suis là, j’oscille, je vacille…
Bref, ce fut difficile.
Christophe

Liberté
Dans cette cage parquée entre quatre murs, rythmée par le bruit des clefs que les porte-clefs frottent sur la ferraille ou clefs qui entrent dans les pênes des portes qui claquent sur le mur en s’ouvrant, dans cet endroit de privation où l’homme est déshumanisé, il garde un espace vital dans sa tête que personne ne pourra annihiler, l’esprit libre : la liberté de penser qui franchit les murs et les barreaux et les barbelés.

Chacun doit être à sa place, comme des draps rangés dans une armoire.
Ricky

Il y a un seul truc que j’ai gardé par truc, je veux dire cadeau, offert par mes parents, c’est le rubix cube dans sa boîte en plastique avec les faces complètes de la même couleur. Je n’avais pas envie d’y toucher pour ne pas casser les couleurs.
BC

Derrière les barreaux…

Derrière les barreaux, ils jouent avec les mots et en sont les premiers surpris… Tous les prénoms ont été modifiés…

Un texte à construire avec des mots tirés au sort
J’appartiens à une journée où toutes les majuscules se harcèlent et jouissent naturellement. La vie, c’est la Nature en majuscule.
Ali

Pourquoi ? Parce que… (variante du cadavre exquis)
Pourquoi suis-je encore là à attendre ?
Parce que la neige est blanche
Pourquoi est-on plus souvent déçu que le contraire ?
Parce que les hommes sont les plus forts.
Pourquoi les pommes tombent-elles des arbres ?
Parce que ce moment est unique.
Pourquoi la terre est-elle ronde ?
Parce que les enfants croient au Père Noël.
Collectif

Les endroits où j’ai dormi
la maison familiale
le foyer
la rue
la garde à vue
la maison d’arrêt
le centre de détention
la voiture
le camion
le squat
à droite à gauche chez des amis
à l’hôtel
Francis

Rues froides et glacées, cabine de bateau, appartements plus ou moins grands, canapé, sols de maison, de gîtes, de cayolas, mais aussi de forêt, dans la nature à deux mille mètres d’altitude au pied de l’Ossau, au bord du lac devant un feu de bois allongé dans mon duvet en train de contempler les étoiles et les satellites.
Eric

Ma vision de l’Aleph
J’ai vu un monde de couleurs changeant du tout au rien, chatoyant, enivrant, long et tumultueux, saccadé, une myriade d’univers multicolores, un précipice sans fin, sans avenir mais pourtant si apaisant, si calme, en perpétuel mouvement, j’ai vu la fin et comme d’un revers de main, je revenais au commencement, j’ai vu le plus petit et le plus grand, la forme, l’abstrait, le concret, le haut, le bas, la conscience puis l’inconscience, la complexité de la chose à son apogée, l’irrégularité des ondes, les créatures célestes obnubilées par la conquête et le pouvoir, la tragédie obscure des guerres passées et à venir, L’Hymne à la joie, La marche funèbre. J’ai vu l’avenir d’un monde lointain serein et calme se pavaner dans des volutes des rayons lunaires.
Niko

J’ai vu le noir complet, une nuit sombre sans étoile ni lune, une porte qui s’ouvre en pleine nature au milieu de nulle part, au loin une forêt, des oiseaux chantent, les arbres commencent à prendre leur couleur rouille d’automne, le ciel est bleu sans un nuage, la porte se ferme et s’ouvre sur une mégalopole bruyante où les hommes marchent comme des fourmis, dans un futur où d’étranges vaisseaux volent au-dessus des têtes, je suis oppressé par les murs gris, un brouillard saumâtre au milieu des buildings qui semble toucher le ciel, je vois des êtres vivants que je n’aurais jamais imaginés dans mes rêves les plus fous, un monde déshumanisé…
Cédric

L’urgence passe comme un vase lisse.

La cigarette craque comme un bracelet élégant.
Collectif

Un texte à construire avec des mots tirés au sort
La vamp se promenait sur la rive. Elle avisa une barque et monta dedans. Il n’y avait qu’une rame au lieu de la paire habituelle. Elle fit pourtant le pari d’arriver de l’autre côté de la rivière. En face, quelqu’un l’observait. Eva, la vamp, aperçut alors une arme au fond de son embarcation. Elle craignit le pire.
Mathéo

Max habitait un port de pêche. Il adorait la mer et pêcher la morue. Jamais il ne quittait sa ville et pas même sa rue. Même quand ses amis décidèrent de l’emmener à Rome, il refusa. A l’or et au faste italiens, il préféra son coin. Amar, son meilleur ami le traita de mou. Max lui répondit que personne ne lui ferait perdre son âme, encore moins son amour pour son port de pêche.
Francis

Marabout
Maison de pierre, pierre qui roule, Rouletabille, bille de verre, verre à dents, dent de lait, laideron, napperon de la maison.
Eric

Ecrire pour moi
Ecrire pour moi, c’est décrire et décrypter, lire entre les lignes du monde qui nous entoure, faire apparaître les différences tout en essayant de les intégrer, se révolter devant l’inégalité des hommes, mais c’est aussi ressentir et exprimer des sentiments, des sensations… et éviter aussi de faire trop de fautes d’orthographe.
Eric

2010/Celluloïd, le journal des détenus de la MA de Mende

Celluloïd, c’est le nom du journal des détenus de la maison d’arrêt de Mende, réalisé avec eux et pour eux, sous l’égide de l’ASDASC (cf. note) et bien sûr de la direction de la prison ainsi que du service d’insertion (SPIP).

Le journal bimestriel se fabrique en équipe, avec l’animation de différents ateliers : « Ecriture journalistique » par les Ateliers du déluge, »Maquette et mise en page » par Anne Aiou, « Illustrations » par Peter Weir, et la collaboration du professeur des écoles intervenant à la maison d’arrêt pour une rubrique particulièrement judicieuse « Le petit dico ou Les mots de la justice ».

On ne trouve pas Celluloïd en kiosque, j’allais dire, évidemment, encore que… sa qualité n’a rien à envier à bien d’autres publications.

Comme le disait dans un édito le chef de service du SPIP, « on peut être détenu et avoir des idées, détenu et être créatif, détenu et s’intéresser au monde, détenu et être poète slameur… ».

Marlen Sauvage
Note : ASDASC = Association de soutien et de développement de l’action socioculturelle et sportive.