Autour du goût, écrire…


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Trois textes de Monique Fraissinet, écrit en atelier d’écriture, à Florac en 2017

J’ai mis le chemin sous mes pieds et je suis partie sous le soleil brûlant de l’été.  J’ai longé le bord de la corniche qui surplombe la mer. Après une heure de marche, un pin parasol m’a offert son ombre. J’ai tiré de mon sac la salade de fruits juteux que j’avais pris soin de mettre dans la glacière. Le goût sucré, aigrelet des morceaux d’abricots s’était fondu avec celui du melon et de la pastèque. Au fond du saladier, ils avaient rendu un jus frais et désaltérant. Je m’en suis délectée et j’ai poursuivi ma balade.

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C’était un rituel. Le dimanche, les grands-parents recevaient leurs enfants et petits-enfants. Le samedi, grand-père partait le matin de la maison, un couteau dans une main, un bol et un plat, toujours le même plat bleu émaillé, dans l’autre main. Je savais qu’il allait saigner un lapin. La mort du lapin aurait pu m’attrister, alors je restais près de ma grand-mère, elle ne voulait pas que j’aille voir ça. Grand-père revenait, rapportait le bol de sang et il avait déposé le lapin nu dans le plat émaillé. Voilà, il allait rester là, allongé de tout le long sous un torchon jusqu’au dimanche. On allait faire le sanquet.

Grand-mère avait au préalable, pendant que le pauvre lapin passait de vie à trépas, fait revenir dans la poèle, les oignons, les épinards, des morceaux de pain rassis coupés menus, le persil et l’ail. Sitôt, le sang prélevé était versé sur cette préparation qui mitonnait. Ça, c’était le samedi, fallait pas attendre. Le sanquet ça se prépare sans tarder. On le mangerait froid, découpé en tranches, en entrée au repas du lendemain.

Le lapin, lui, c’est le dimanche matin qu’on le découpait en morceaux. La viande est meilleure un peu rassie disait grand-mère.

Elle a préparé des morceaux de lard qu’elle a fait fondre dans cette même poèle noire. L’odeur du lard se répandait dans la cuisine. Puis, un à un, elle déposait les morceaux de lapin dans la poèle  chaude. J’entends encore ce léger crépitement. Ensuite elle déplaçait la poèle sur le côté, la posait sur la pierre à côté de l’âtre, et là, encore, un à un, précautionneusement elle tournait les morceaux pour les faire rissoler et la poèle reprenait sa place jusqu’à une parfaite cuisson du lapin sauté. Elle étalait les braises pour diminuer la chaleur du feu et laissait cuire tout doucement en surveillant du coin de l’oeil la coloration du plat. Elle dosait avec précision le sel et le poivre qu’elle ajoutait.

A chaque lapin tué, c’était le même rituel.

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A chaque fois, je déclinais l’invitation. Une vraie-fausse excuse. Cette fois-ci c’en était trop, je ne pouvais plus inventer quoique ce soit.

Le jour J, en entrant chez eux, au rez-de-chaussée, l’odeur du civet de cerf envahi mes narines et sitôt, par quelque influx que mon cerveau envoya à mon nez et mes papilles, mon estomac se retourna. Une nausée m’envahit ; cette odeur fétide est partout, aussi à l’étage ;  des hauts le coeur !

D’abord l’apéro, puis l’entrée, sentir toujours et encore, si au moins on pouvait ouvrir la fenêtre !

Ils bavardaient, s’étalaient en palabres sur cette partie de chasse qui nous régalera de ce ….bon gibier !

Le plat sur la table, je vise le plus petit morceau, je dois absolument tout faire pour me servir en premier. Voilà, c’est fait ! Ouf ! Heureusement qu’il y a, à côté, le plat de gratin de courgettes. Là, je ne lésine pas, j’adore les courgettes. Je me sers très, très copieusement. Un petit morceau de cerf, une grosse cuillerée de gratin, un peu de cerf, beaucoup de gratin, et encore et encore. J’aurai bientôt fini d’avaler ce gibier immonde. J’avais presque terminé quand mon ami me sert encore une grande et belle tranche de viande. Tu n’en manges pas chez toi, profites-en chez nous !

Texte : Monique Fraissinet-Brun
Photo : Marc Guerra

Le crayon [De choses et d’autres 1]

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De choses et d’autres, une nouvelle série de dessins et de textes pour 2015, que nous vous proposerons avec Marc Guerra de façon plus ou moins régulière, mais toujours un vendredi…

De choses et d’autres, de ces objets du quotidien qui nous deviennent indispensables sans que nous y prenions garde, qui nous agacent tant ils nous envahissent, qui, chargés d’affects, encombreront nos étagères, nos placards, nos tiroirs durant des années, jusqu’à ce que nos enfants les relèguent dans des cartons avant qu’un de leurs descendants enfin les abandonne à une recyclerie ou à un brocanteur de passage, de ces objets d’aluminium, de bois, de verre, d’argile, de plastique ou de résine, dont seul un regard décalé peut transcender l’usage.

De choses et d’autres aujourd’hui, ce sera un crayon, un de ceux dont on taille la mine pensant ainsi aiguiser son propos, que l’on suçote en rêvassant avant de dérider les pages d’un carnet, un de ces crayons aujourd’hui emblématiques de valeurs quand on s’en servait l’air de rien, pour amuser la galerie… Et pour lequel je ne dirai que ceci :

Un crayon.
Une caméra.
Un appareil photo.
Des hommes et des femmes tués.
79 en 2011. 135 en 2012. 77 en 2013. 96 en 2014*.
Et déjà trop en 2015.

Marlen Sauvage

* Chiffres de Reporters sans frontières

http://fr.rsf.org/

Image ©Marc GuerraDe choses et d’autres, ≠1

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Le dernier vendredi

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Ce vendredi, à Lacanau, le ciel était bas et gris, tu l’aurais voulu sans nuages.

Nous avons marché sur la plage, parmi les familles et les chiens, la brise fouettait les visages.

Nous avons ajouté l’empreinte de nos pas à celles qu’aspirait le sable avant que la marée ne monte.

Tu m’as frôlé les mains, nous avons échangé un regard silencieux et puis déambulé loin l’un de l’autre.

Je t’ai regardé escalader les rochers colonisés par de minuscules moules, avancer au plus près de l’eau, j’avais pour seuls repères ton bonnet noir et ton écharpe verte.

Des enfants te suivaient, tu ne les voyais pas.

Je ne sais pas quelles étaient tes pensées, tes inquiétudes, tes interrogations.

Je regardais au loin les surfeurs dans l’écume blanche.

Je pensais à ce soir.

Ce soir, c’est la cinquante-deuxième. 
La cinquante-deuxième semaine, la cinquante-deuxième et dernière fois.
Le dernier des Poissons et des Femmes, le dernier vendredi de décembre.

Deux mille quatorze s’arrête sur un mur craquelé où une petite sirène agite la main en signe d’au revoir.

Ici le soleil se couche dans l’océan et cela fait toute la différence. On s’habitue à tout, sauf à cela. A la mort du jour dans les vagues.

Texte : Marlen Sauvage

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠52

Ainsi se termine notre voyage dans l’univers  Des poissons et des femmes entamé le 4 janvier dernier…

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Dualité

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C’est dans l’extrême solitude que l’on apprécie la vanité de l’existence. Dans cet abîme où nous entraînent les révélations, les désillusions, les déceptions, les renoncements, les questionnements, le regard se déplace. Il semblerait qu’on voit alors distinctement et simultanément les facettes de soi qui sont autant de mondes. La lucidité crie sa vérité à laquelle il devient impossible d’échapper. Car la vérité se tient là dans la multiplicité de ce que l’on perçoit de soi-même, si intimement imbriquée dans le quotidien qu’elle s’en efface. Et c’est par effraction qu’elle s’impose à soi, jouant de notre vulnérabilité, de notre conscience extravertie le temps d’un obscur détour dans le vide.

Texte : Marlen Sauvage

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠51

Nous poursuivons notre voyage dans l’univers  Des poissons et des femmes entamé le 4 janvier et pour une année entière : sur une image de Marc Guerra, j’écris un texte et publie le tout chaque vendredi… jour du poisson !

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Réminiscences

Marc-Guerra-DFDP50

 

D’une mort lointaine

L’étrangeté de ta voix

Surgit en poussière

 

Enfoui dans les limbes

Solitaire émanation

De mon quotidien

 

Ton sourire comme

Une écorce sur tout ce

Que tu n’as pas dit

 

Texte : Marlen Sauvage

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠50

Nous poursuivons notre voyage dans l’univers  Des poissons et des femmes entamé le 4 janvier et pour une année entière : sur une image de Marc Guerra, j’écris un texte et publie le tout chaque vendredi… jour du poisson !

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Dans les grandes profondeurs

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J’ai erré dans les grandes profondeurs. Dans les eaux froides et obscures, j’ai déambulé.
J’ai croisé des êtres à la bouche démesurée, à l’estomac extensible, qui dévorent d’autres individus aussi volumineux qu’eux. J’ai considéré ma naïveté.
J’ai croisé des êtres aveugles, d’autres aux yeux hypertrophiés et globuleux qui cherchent la lumière. J’ai relativisé mon mal.
J’ai croisé des êtres photophores qui m’ont guidée sur cette route incertaine. Je les ai loués pour leur lumière.
Je me répète que je suis en vie, je réagis encore aux changements de mon environnement. Je ferai preuve de la même ténacité que la faune des grands fonds. Je cultiverai mon optimisme.
Dans la fosse abyssale où je me tiens encore, tu… Nous…

Texte : Marlen Sauvage

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠49

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Dichotomie

Marc-Guerra-DPDF48

 

C’était une petite robe de mousseline blanche à pois bleus. Il l’appelait la robe à poissons, car elle bruissait quand je la portais. C’était pour lui le grand chic, la robe à pois. Elle cintrait ma taille, s’évasait sur les hanches, et son jupon entravait la marche parfois quand j’accélérais le pas. Sur la photo, j’ai vingt-cinq ans mais on dirait une gamine. Je désespérais de vieillir, de tisser cet entrelacs de rides au coin de l’œil, j’enviais la patte d’oie de ma grand-mère, les fous rires gravés dans la peau. J’étais aveugle aux souffrances de la commissure des lèvres, aux colères du front, à la fatigue des cernes violets.

La photo a été arrachée à un album dont la pellicule transparente de chaque page avait adhéré à chaque image. On croyait protéger jeunesse et beauté, souvenirs heureux et ce quotidien qui s’engouffre dans les plis de la mémoire.

Le poisson qu’il m’oppose ici dans une dichotomie étrange porte la trace d’une empreinte digitale : regardez bien à droite de l’ouïe. Elle fait écho à tous ces stigmates sur la photo de gauche. Mais là, le poisson a été montré, nommé sans doute, caressé peut-être. Et l’on a insisté en le pointant de la pulpe du doigt. Ce pourrait être un doigt d’enfant, au moment du goûter, et j’entends ma mère nous interdire et de montrer du doigt et de toucher les photos.

Et là je vois les yeux. L’œil du poisson. Le mien. Les deux me regardent pareillement. Et je ne sais si la raison de la juxtaposition des deux images tient à ce regard pénétrant ou à la robe du poisson, négatif de la mienne.

Texte : Marlen Sauvage

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠48

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Une fin sans histoire

Marc-Guerra-DPDF47

« Aucun mot n’est trop grand trop fou quand c’est pour elle
Je lui songe une robe en nuages filés
Et je rendrai jaloux les anges de ses ailes
De ses bijoux les hirondelles
Sur la terre les fleurs se croiront exilées »
Aragon, La Constellation

Elle rêvait de ces mots-là quand sous un charme un matin de juillet, à moins que ce ne fut en février, il lui offrit un carambar comme quoi la vie fait bien les choses…
Et si on partageait, dit-elle, aussi bien nos pensées nos peurs nos folies ?

De mots écrits en confidences sur le fil du téléphone
S’imposa la reconnaissance
Un matin de juillet
A moins que ce ne fut peut-être en février

Quelques années plus tard, c’était encore le début…
Et quand le début arrive au bout de tant d’années, dit-il, il se pourrait bien qu’il n’y ait pas de fin.
Pour fêter le début ils se marièrent un jour de septembre.

 

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠47

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Carthage, mon amour

Marc-Guerra-DPDF45-C

 

Je rêvais de Carthage. Je répétais ce nom, Carthage, et le prénom si cher lié à cette ville. Je traversais les rues aux maisons cachées derrière les murs blancs, avec leurs lauriers généreux, leurs jasmins étourdissants, leurs bougainvilliers roses et mauves, à l’exubérance pareille à mon cœur amoureux. De la fenêtre de la chambre aux persiennes bleues tels ces moucharrabiehs où glissent les regards, j’entrevoyais le chantier de fouilles en contrebas de la maison, j’entendais les voix des hommes qui travaillaient là, et je voyais la mer au loin, écumante et verte.

Carthage, je suis revenue. Tu étais tout en pluie et en grisaille, tu contredisais mon cœur, je t’ai écouté crier dans la nuit tes bruits de ville, de moteurs, de félins chamailleurs, de macadam éclaboussé. A tes accents sourds, j’ai mêlé mes soupirs et brûlé mon désir au bûcher de l’amour ; à bout la pluie baissait la voix, et ta douceur, Carthage, épousait la paix retrouvée. J’ai dansé pour toi au petit matin, la langueur au bout des mains, pour te saisir, te retenir, nous engloutir. Nous étions amants cette nuit, Carthage, il faut t’en souvenir. Cette nuit, Carthage, nous respirions ensemble.

Image ©Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠45

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Une vie

Marc-Guerra-DPDF43

 

Je me souviens d’un décor bucolique étonnamment coincé entre les immeubles d’une ville de banlieue parisienne et des villas à l’architecture hétérogène. Ici, la maison était en bois, petite, avec un auvent de verre au-dessus du seuil de l’entrée. Un massif d’hortensias roses, une allée de cerisiers, de pommiers, une tonnelle où trônait une table en béton, un petit bassin décoré de mosaïques, un immense jardin à l’arrière. C’était un 14 juillet, je suis entrée.

J’ai vu les pièces où avait vécu une famille d’Italiens, un couple et ses six enfants. Les moulures au plafond, les murs de bois recouverts de toile de jute, la marque sur le sol d’une ancienne cheminée, deux lits superposés où dormaient les garçons…

J’embrassais tout, la vie d’avant, le puits et sa margelle, le noyer aux branches trop basses, la cabane au fond du jardin, la présence de la maman qui clôturait les salades pour laisser les poules en liberté, je devinais le linge qu’elle suspendait aux branches des arbres du verger.

J’étais la première que tu invitais dans cette maison, je mesurais le cadeau qui m’était offert, je rêvais de m’installer là, je rêvais. Je plongeais la tête la première dans cette vie où pour seul héritage tu avais me disais-tu ce vieux vélo posé contre le grillage.

Depuis nous avons bu à toutes les sources, dévalé toutes les montagnes, nous nous sommes baignés dans des lacs au petit matin, nous avons dégusté des pâtes aux cèpes en Italie, promené nos âmes dans Arcumeggia, ri et pleuré à Polperro, Rouen, Lille, Arles et Sète, volé des petites cuillères dans les bars d’Irlande, retrouvé notre adolescence à l’Ecole d’arts d’Orléans, vu naître des rhinocéros, suivi Teresa quelque part en Ombrie sur les traces de Maurice Bellet,  adoré (moi) et détesté (toi) Rony Brauman, nous avons eu froid ensemble dans le dernier train de banlieue qui nous ramenait chez nous après les pièces de théâtre à Saint-Denis, tu m’inondais de carnets remplis de photos de moi, tu m’appelais ta Madone, tu t’étonnais de ma fantaisie à déposer des cuticules de fraises sur des oranges, et puis voilà vingt ans ont passé.

Je me tiens en équilibre quelque part entre deux terres, avec la mer pour seul obstacle, de là où tu es tu me regardes, le plongeon sera périlleux, je ferai exploser le bocal, ma vie m’appartient désormais.

 

Image © Marc GuerraDes poissons et des femmes, ≠43

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