Un petit Moleskine tout noir [Fin]

[Sète, 2006]

Sur la vitrine d’un magasin non identifiable et non identifié, un panneau indique « Entrée des magiciens ». Dans une rue de Sète, le 21 janvier 2006.

[C’est le genre de surprises que j’aime découvrir, cette entrée des magiciens me dit qu’il y a quelqu’un d’assez fantaisiste pour y croire ou pour le faire croire à d’autres…]

Dans la pierre, il est gravé A. Denis, à l’entrée de la maison, la villa comme on dit ici, et cette marque souligne le temps d’avant, celui où l’on s’installait pour une vie, ici face à la mer.

La Pointe courte, d’Agnès Varda a été tourné ici, à la Pointe courte en 1954, avec Philippe Noiret et Sylvia Monfort. Dans ce quartier de pêcheurs, Agnès a sa traverse.

[Si je devais quitter mes Cévennes – c’est fou ce que l’on s’approprie un lieu sitôt qu’on lui doit la sensation de vivre – j’irais volontiers m’installer à Sète. Un port pour naviguer les pieds sur terre, pour rêver l’horizon, pour embarquer chaque matin et revenir chaque soir. Une petite ville remuante, qui s’honore d’un MIAM, de manifestations culturelles, d’un marché aux halles, de petits hôtels simples et bien tenus… Même les plus vieux me plaisent, à la limite du confort, du moment que la propreté est là, juste pour se souvenir que le minimum suffit : un lit avec des draps propres et quelqu’un qui vous accueille. J’aime la Pointe Courte et ses maisons de pêcheurs, il se dégage une hostilité tranquille envers les touristes comme moi, que je comprends, qui ne m’empêche pas de déambuler, car tout cela m’appartient d’autant plus que je ne fais que passer… Irais-je jamais finalement m’installer à Sète ?]

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Un petit Moleskine tout noir [≠10]

Le 25 mai [2005]
Du consulat aux patates

10 h – Départ pour 1, place Ville Marie, le consulat, la procuration à P et D pour le référendum sur le fameux traité constitutionnel pour l’Europe. La valise diplomatique partira à 11h30, sera remise le 27 puis la Poste prendra le relais. Autrement dit, nous serons chanceux si les procurations arrivent dans les délais…
Métro jusqu’à Préfontaine cette fois pour louer une compacte chez Jean Légaré. [Ce nom de loueur de voiture est presque un gag, ça me rappelle la charcuterie Boudin Brulé dont on parlait dans la famille, les transports Bahu Moncoffre à Montélimar, le couple d’amis, il s’appelait Maître, elle s’appelait Carré, tout le monde a sa petite histoire à raconter sur ces rapprochements inattendus.] Retour à Berri-UQAM, Quartier Latin, bistro St-Sulpice pour 2 bières et hamburgers frites. Découverte de la Grande bibliothèque (verte !) récemment inaugurée, une expo « Les livres sont à toi! » et une autre sur les différentes techniques de gravure jusqu’à la collagraphie (collage d’objets divers, encrage et impression). J’ai envie d’opter pour ce hobby prochainement !
On boit un café glacé parfum vanille et moka puis on retourne à la biblio lire Lou Cale (BD polar) après avoir feuilleté des bouquins de scrapbooking et des BD…

[« Du consulat aux patates », je m’attendais à comprendre l’intitulé de cette journée en relisant mes notes… Que nenni ! Dans ce carnet j’ai noté des expressions canadiennes comme « C’est pas pire » pour « c’est bien » qui disent toutes les nuances de la langue…]

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Un petit Moleskine tout noir [≠8]

Le vendredi 13 mai 2005

Las piñatas
Objets rigolos qui contiennent des bonbons, des joujoux et que l’on suspend, que les enfants frappent d’un coup de bambou pour en faire tomber le contenu.

Galerie d’art Stewart Hall à Pointe-Claire
Expo chambres Charles Daudelin, peintre et sculpteur auteur de l’Embâcle (1981), offerte par le gouvernement du Québec à la Ville de Paris, installée dans le quartier Saint-Germain-des-Prés.
« Il pleut, c’est merveilleux. Je t’aime. » Francis Carco et accessoirement clou-vis Marco

[Ce sont les petites surprises de mes carnets, il y en a un qui s’invite et je le découvre toujours des années plus tard, vu que je ne relis pas mes carnets !]

Dimanche 15 mai – 9h00
Rue Saint-Denis, face au 7685 petit-dejeuner dans un café. Nous commandons deux œufs « à votre goût », miroir et pain brun. Marco, depuis quelques jours, ne sort pas sans son extension – appareil numérique et canarde à tout va le monde local.
[Les œufs miroir, c’est une expression qui me plaît, comme plein d’autres de « là-bas ».]

Vers 14 h arrêt sur le lac de la montagne noire pour un repas de chips « trempette » dans une sauce à la cerise, de vraies cacahuètes, du bœuf séché et du cheddar orange dans des buns tout frais sortis du sac…

[On s’était bien moqué de nous qui avions ingurgité ces « horreurs », mais en réalité, au bord du lac, sous le soleil, c’était un repas de rois.]

Dimanche 15 mai – 19h05
De retour du Mont Tremblant, ils s’arrêtèrent à St-Jérôme pour souper dans un restaurant setchuanais.

Vendredi 20 mai 17h45
Nous traversons le lac, début de la rivière des Ottawais pour Oka après avoir parcouru les sentiers du parc du cap St-Jacques avec Michèle et Suzanne.
Un héron sur les berges du lac. Marc sort prendre des photos, nous dans la voiture observons avec une paire de jumelles l’oiseau en question. Michèle met le moteur en route, les essuie-glace s’activent, elle dit, scrutant les jumelles : Je vois juste mes essuie-glace qui passent et repassent. [Tout cela avec l’accent canadien et le détachement de Michèle, c’était très très drôle.]

Charleroi, Baie Saint-Paul, artisans potiers. Parc des Grands Jardins (fjord). Gaspésie.

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Un petit Moleskine tout noir [≠6]

Un rêve
Nous sommes avec deux autres personnes (S et J ?), M et moi, en vacances. Nous poussons la porte d’un appartement en haut d’un immeuble, cherchant un endroit où nous poser, la porte est ouverte, nous entrons. Nous commençons à déjeuner, sortant notre repas du sac, au milieu du désordre ambiant. Des fringues sur le dos des chaises, une robe d’été bleue, une petite culotte, etc. Quand j’aperçois une main poussant la porte d’entrée, et réalise trop tard au bruit que j’entends que l’on est en train de nous enfermer à clé dans l’appartement.

« On ne se touche pas assez dans la société d’aujourd’hui », [disait un copain un soir de fête. Je crois qu’il a raison.]

[Suit l’adresse d’un homme dans une rue de Marseille qui nous avait demandé de lui envoyer la photo que nous venions de faire de son magasin de tapissier.]

Erreurs de lecture [cela m’arrive souvent, quand j’ai un carnet sous la main, je les note en me disant que j’en ferai un jour quelque chose…]

« Tourments de violons » pour « Tournent les violons » (de JJ Goldman) [dans un magasin de disques, j’imagine]
« Caille désolée » pour « Caille désossée » dans un menu de restau, dans une rue de Marseille
Et en lisant vite, sur un panneau très en hauteur
« Cours d’anglais de russe informatique attrape-nigaud », au lieu de rattrapage scolaire !

[Je crois que c’est après ça que je me suis décidée à porter des lunettes.]

Le 5.12. 2004 à Marseille.

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