Vos petits bonheurs (47) Le sel de la vie

Photo : Monique Fraissinet

A croire qu’elles s’étaient donné le mot sauf que l’une ne connaissait pas l’autre. Elles ont décidé de mettre du sel dans ma vie.

L’une m’offrit du sel de l’Himalaya, l’autre de la « Fleur de sel piment de la Jamaïque ». 

Je me suis mise à rêver. J’ai vu les yacks titubants, les flancs chargés de blocs de sel rose et gris, qui débordaient des grands paniers, des longues colonnes noires promenant leurs corps poilus le long des pentes escarpés de l’Himalaya, les hommes aux visages burinés par le froid, leurs yeux fendus, leurs sourcils recouverts de particules de glace, leurs pommettes rondes violacées, leurs gros manteaux de peau, et j’ai imaginé le bivouac pour y passer une nuit. 

J’ai laissé passer le froid et me suis mise en marche vers les tropiques. Le soleil de l’Amérique centrale, les parfums évoquant la cannelle, le poivre, la muscade et le clou de girofle. Les femmes assises sur des nattes trient les épices, les font sécher, entament un chant qui scande leurs mouvements réguliers. Un sel à la couleur de leur peau.

Une pincée de petits bonheurs.

Texte : Monique Fraissinet

Tu attends quoi… Monique Fraissinet

Photo : Marlen Sauvage

Tu attends quoi pour t’y mettre !

Obéir, toujours à tout et à tous, sans mot dire. Tu attends quoi pour t’y mettre ! Elle n’avait pas le choix, savait-elle seulement ce que c’était que d’avoir le choix, l’intonation de la voix du père ne souffrait d’aucune contestation possible, faire, exécuter et s’exécuter, dans l’instant, alors qu’en même temps et chaque fois grossissait en elle une violente rancœur contre l’homme, son père qui n’avait jamais pris soin d’elle, qui n’avait jamais voulu ouvrir les yeux sur les conditions de vie qu’il infligeait autour de lui, elle ne pourrait pas essuyer les larmes qui coulaient sur le visage vieilli avant l’âge de cette femme, sa mère qui ne bronchait pas, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ! alors elle ferait, elle irait, elle prendrait la fourche, la pioche, la scie, elle laverait, battrait et étendrait le linge, supporterait les gerçures qui fendillaient chaque doigt, elle nourrirait les bêtes, les amènerait à la pâture, s’exécuter, encore et encore, sans répit, sans tarder, avec la fatigue dans les muscles, les articulations douloureuses, avec la boule dans l’estomac et le résidu salé de ses larmes qui marbraient son visage, la rage lui faisant serrer les dents, serrer les poings, alors elle marcherait de plus en plus vite sur le chemin caillouteux pour faire sortir cette hargne qui ne la quittait pas, pas plus que ne la quittait la faim qui tenaillait ses entrailles, et le soleil qui la brûlait tout au long de ses journées harassantes ne la laisserait tranquille qu’avec le soir tombant, pâtir, supporter chaque soir la paillasse partiellement éventrée et les draps humides avec pour seul confort la chaleur des moutons qui monte et passe au travers du plancher disjoint, et pour seuls mots, ceux qu’elle adresserait aux brebis endormies, avoir un semblant de paix car, bien vite, elle redouterait le bruit grinçant des gonds de la porte de la chambre, elle aurait peur, son corps recroquevillé, son cœur battant si fort contre sa poitrine douloureuse, prête à éclater, sentir une main sur sa bouche, et le lendemain matin chercher encore en vain un peu de réconfort dans les yeux de la mère, elle éviterait ceux de son frère, cet être violent, bourru, insensible, égoïste, qui lui reprocherait tout et n’importe quoi, elle le maudirait, lui qui était né de la même semence et du même ventre qu’elle, lui, devenu homme, elle, abusée, salie, flétrie dans son jeune âge, se résignerait encore et encore à moins de décider d’en finir, alors elle partirait avant l’aube, ferait disparaître le fouet qui ne servait pas qu’aux troupeaux, elle abandonnerait sur le buffet, à côté de la photo de la grand-mère maternelle, la seule image qu’elle n’ait jamais eue dans sa vie, celle de sa communion, un dessin figurant une croix, un chapelet et un livre de messe sur lequel est écrit et qu’on me lisait « Je renonce à Satan, je m’attache à Jésus pour toujours« , elle ferait glisser le tiroir de la grande table, volerait un morceau de lard, un morceau de pain bis rassis et le dernier fromage, le soir elle ne ramènerait pas le troupeau à la bergerie, malgré ses pieds boursouflés flottant dans des chaussures efflanquées elle et le chien prendraient le chemin d’un espoir de liberté, ne plus tout faire, se rebeller, faire des choix, elle n’aurait plus faim, elle apprendrait à chanter, à courir pour le plaisir, elle s’habillerait de neuf, elle serait entourée de regards bienveillants, elle s’apprivoiserait telle quelle est, telle qu’on la laisse, elle apprendrait enfin à vivre dans la prière et le calme de chaque matin,  elle s’affranchirait de ses hommes alors pour la dernière fois, elle se sauvera, prenant l’escalier intérieur descendant à la cave, laissant sur le côté le père gisant sur le sol de terre battue d’où remontaient des effluves alcalines de vin, il a les yeux mi-clos, une bouteille vide renversée à côté de lui, elle ouvrira la porte de la bergerie laissant s’égailler ses seuls compagnons de vie qu’elle accompagnera vers la liberté, il faisait doux ce jour de printemps, du haut de la colline elle distinguait la petite silhouette noire de sa mère sur le pas de la porte et en bas, dans la vallée, les cloches du Prieuré sonnaient six heures.

Texte : Monique Fraissinet

Ma proposition d’écriture était de retrouver une expression, une phrase, un mot, qui nous restent en tête malgré le temps, soit parce qu’elles disent quelque chose de la personne qui les prononce, ou parce qu’elles ont suscité un questionnement, ou un désordre quelconque, tout autant qu’une joie. Et remontant la sensation que font naître en nous ces mots, partir à la découverte de ce qu’ils nous racontent au plus profond de soi, et le dire dans une écriture réflexive ou/et de ce qu’ils révèlent des visages, de celles et/ou ceux qui les ont portés. L’auteur convoqué : François Durif, Temps compté (blog remue.net) MS

Atelier en Cévennes, les textes (1)

De retour de 2 jours en Cévennes pour animer un atelier, le bonheur !
Il s’agissait de construire des personnages à partir de situations, d’actions, de description des lieux, sans que l’on sache grand-chose des personnages ni de leurs intentions. Pas de monologue intérieur, par exemple, pas de « tentation psychologique ou explicative »1. L’auteur convoqué est Cormac McCarthy, L’obscurité du dehors. Le premier texte publié ici est de Monique Fraissinet.

Le moulin de Grattegals, Lozère. ©Marlen Sauvage

La douleur n’avait pas complètement quitté son ventre, des flots de sang arrivaient par petites saccades souillant son jupon, dégoulinant sur ses bas de laine mités. Elle prendrait, pour le couvrir les derniers haillons qui avaient été jetés dans le bas de l’armoire bancale de la chambre sombre et froide et qui n’avaient pas servis depuis au moins deux ans. Un bonnet d’indienne rouge et blanc seule touche de couleur, couvrait  la petite tête dodelinante laissant apercevoir une peau fripée, rougie par le froid de ce début d’hiver. Tout au long du chemin  bordé de sapins, elle ne se plaindra pas, elle avancera, évitant les flaques et les boues qui en couvraient le sol, espérant qu’au moins, pour cette longue nuit, la clarté de la lune éclairerait son premier trajet.

Elle essaierait de lui donner pour quelques heures un peu de la chaleur de son corps,  elle le serrerait fort contre elle afin qu’il entende les battements de son cœur. 

Des kilomètres à parcourir, combien, elle n’en savait rien, elle savait juste qu’il lui faudrait du temps. Il ne s’agitait pas malgré la cadence effrénée qu’elle lui faisait subir. Arrivée en haut de la colline qui surplombait la grande falaise, elle déboutonna son corsage. L’instinct de survie avait guidé sa petite bouche rose. Avide de vivre, il ne se fit pas prier. Elle se pencha vers lui puis détourna son visage se refusant à la réalité.  

L’ ombre de sa silhouette la poursuivait, ils ne faisaient qu’un. 

Dans son dos, la musette qu’elle portait en bandoulière battait ses fesses au rythme de ses pas. Arrivée à l’orée du bois, c’est le vent qui lui glaçait le dos. Elle n’avait pas d’autre choix.

En bas dans la vallée, l’horloge du Prieuré sonnait les douze coups de minuit.

Texte : Monique Fraissinet

1- Une proposition issue d’un vieux bouquin que j’utilisais au début de ma pratique d’animatrice, très bien fichu, Atelier d’écriture : mode d’emploi, d’Odile Pimet (1999).

Vos petits bonheurs #38 Chanterelles et Chantecler

Chantecler, 
Oui, Coqs affectant des formes incongrues,
Coquemars, Cauchemars, Coqs et Coquecigrues,
Coiffés de cocotiers supercoquentieux…
– La fureur comme un Paon me fait parler, Messieurs ! J’allitère !… –
Et s’amusant à les étourdir d’une volubilité caquetante et gutturale
Oui, Coquards cocardés de coquilles,
Coquardeaux Coquebins, Coquelets, Cocodrilles,
Au lieu d’être coquets de vos cocoricos,
Vous rêviez d’être, ô Coqs ! de drôles de cocos !
Oui, Mode ! pour que d’eux tu t’emberlucoquasses,
Coquine ! ils n’ont voulu, ces Coqs, qu’être cocasses !
Mais, Coquins ! le cocasse exige un Nicolet !
On n’est jamais assez cocasse quand on l’est !

Mais qu’un Coq, au coccyx, ait plus que vous de ruches,
Vous passez, Cocodès, comme des coqueluches !
Mais songez que demain, Coquefredouilles ! mais
Songez qu’après-demain, malgré, Coqueplumets !
Tous ces coqueluchons dont on s’emberlucoque,
Un plus cocasse Coq peut sortir d’une coque,
– Puisque le Cocassier, pour varier ses stocks,
Peut plus cocassement cocufier des Coqs !
– Et vous ne serez plus, vieux Cocâtres qu’on casse,
Que des coqs rococos pour ce coq plus cocasse !

Edmond Rostand

Un petit bonheur proposé par Monique Fraissinet.

Vos petits bonheurs #36

Appel entendu ! Vos petits bonheurs reprendront leur place ici et c’est Monique Fraissinet qui partage le premier de cette nouvelle série.

« Là, c’est parfait, une petite place près du radiateur, chat me va très bien »

J’ai toujours dit que, si une autre vie existe après…, je voudrais être chat, mais chat chez moi ! Voilà un petit bonheur, je crois beaucoup à la ronronthérapie.

Texte et photo : Monique Fraissinet

Souvenirs ténus, par M. Fraissinet

©marc-guerra-ateliers-du-deluge

Ils étaient debout devant le bassin, il m’a pris par la main puis m’a soulevée dans ses bras feignant de me jeter dans l’eau, j’entendais et hop et hop ; mes cris dans la nuit, ma mère se lève, je vois une tête d’homme nager dans une bassine de sang, nuit de peurs et de cauchemars ; un fauteuil que le coiffeur manipule. ses ciseaux derrière mes oreilles, les lames qui claquent, mes mains prisonnières du tablier qui me recouvre ; odeur du bois, tous les outils de sabotier, les sabots qui naissent de ce bois, le froid de l’atelier ; ma mère, une casserole de lait bouillant, mon beau tablier tâché, le dos cuisant de douleur ; trois hommes en costume noir, une traction noire, mon épaule contre la portière, ma sœur sur la route, cris de peur et de panique ; un beuglement de vache, pas de vache, un trou béant ; l’inspecteur dans la salle de classe, un homme grand, qui regarde mon cahier, le temps est long ; elle me parle de Dieu et de Jésus, elle me dit qu’il viendra sur terre pour nous juger, il doit être si vieux, l’enfant que je suis devant l’irréel ; un bruit de klaxon pendant la sieste, un bruit de porte qui s’ouvre, puis celle d’un placard, le bruit d’un moteur qui démarre, à quatre heures nous aurons des croissants ; l’odeur du levain, les manches retroussées du tablier de la grand-mère, les pâtons, le bois dans le four ; mon père, chemise déchirée, poitrine rougie, le moulin, tout arrêter, première approche du danger et de l’accident ; l’observatoire de l’Aigoual, au loin la ligne argentée de la mer, voir au-delà des montagnes, sortir de l’espace réduit.

Texte : Monique Fraissinet (extrait d’un atelier d’écriture à Florac)
Photo : M. Guerra

Vos petits bonheurs #31

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« Odeur sucrée, énivrante, voluptueuse. Lourdes grappes mauves. Egayer le gris du schiste. Bonheur double au printemps et en été. »

Texte et photo : Monique Fraissinet

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1 image et 1 phrase à m’adresser à
marlen.sauvage@orange.fr
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D’un mot à l’autre. Monique Fraissinet

monique-fraissinet-ateliers-du-deluge

Tendresse
Lovée dans le creux de la main qui caresse, la main jointe à l’autre, les mains qui prient pour demander refuge

Refuge
Refuge dans un bateau, bateau d’espoir, bateau du désespoir. Les secours qui approchent, la sirène hurle, les bras se lèvent, les mains se tendent. Les femmes et les enfants d’abord !

Femmes
Les femmes sont libres d’aller au stade, libres de conduire, leur liberté est toute enfouie. Seul cet habit nous dit que c’est une femme.

Habits
Habits de fête, habits de travestis, habits de moine, habit de noce. C’est selon, vis ta vie, attache-toi aux moments délicieux.

Moments
Moments éphémères des fumerolles qui remontent du lac gelé au petit matin glacé, moments éphémères de l’arc-en-ciel, moments délicieux devant l’éternel va-et-vient des vagues, moment agréable du reflet de la nature dans l’eau claire.

Texte et photo : Monique Fraissinet

Un texte écrit en atelier à partir d’une proposition que j’ai intitulée « D’un mot à l’autre », inspirée d’un texte de Anna Jouy, publié sur sa page Facebook le 5 avril (à lire ci-dessous). Marlen Sauvage

poète

– se demande si 58 kilos ce n’est pas trop pour le plaisir et le goût éthéré des choses

choses

-un mot que j’aime bien, comme s’il soutenait tous les indéfinis de trottoir et que cela m’exemptait de chercher à monter et à les assembler

assembler

-peut-être mais trop souvent, il faut ensuite en découdre, un fil sous la peau et puis le trou suivant… encore.

découdre

-c’est un poing dans l’espace, je ne frôle que le vide, la fuite, et je ne les bats même pas.

frôler

-caresse inaboutie qui tient entre ses dents, son chapeau. toutou sage et formaté. la peur est une amante sans la moindre idée de mon désir

chapeau

-toujours le porter sur le côté responsable. la vie se vit avec un rebord large, comme un anneau de Saturne. mais que des manèges et des tournées de veste

anneau

-je le retiens celui-là, pour toutes les conneries qui passent au travers du feu et n’en sortent même pas roussies

conneries

-fortes, âcres, sentant leurs reflets fauves, oppression de pores et remugles de caniveau où je navigue- paraît que je suis folle-, c’est l’essentiel à dire. je n’en doute pas. ça suinte.

doute

-pourtant. tout est fuites sans corde de rappel. les choses n’ont pas de prix, ne valent pas certes le temps de disparaître. elles vont dans le silence, silence de ce qui est mort.

silence

-pour en finir. on y voit la liberté de vivre, selon soi. à l’autre bout, il n’y a personne – parait-

mais j’en doute

poète

-58 kilos de mots et de gras sur les papiers.

©Anna Jouy

En amont de l’histoire. Scandale en mai !

par Monique Fraissinet.

La chemise à fleurs, les garçons aux cheveux longs, les filles en mini-jupe, les tissus Liberty.

Dix-sept heures, Europe n°1 , la radio diffuse « Salut les copains ». Pour rien nous ne lâcherions le transistor, les chansons de Johnny. Avec Antoine, nous dansions le jerk au Palladium, les paroles des Beatles on les connaissait mieux que les cours d’anglais.

Les filles, les coudes appuyés sur les tables d’un café se donnent des airs désinvoltes, prenant des bouffées de cigarettes mentholées qu’elles rejetent dans l’atmosphère brumeuse aux senteurs de patchouli, qu’est devenue la salle du bar.

La pince automatique du bras du Jukebox sélectionne le disque 45 tours, le bascule vers l’avant et hurle « Les portes du pénitencier… bientôt vont se refermer » que tous écoutent religieusement.

Se distinguer des autres. Les filles portent des collants de couleur sous leur mini-jupes, les garçons ont troqué la cravate pour le bandana, les santiags remplacent les mocassins.
Quelques jours de vacances dans le combi orange que conduit Daniel puisqu’il est le seul à avoir le permis. Des journées au bord de l’eau. Nous nous donnions une assurance de filles averties, nous quittions le haut du maillot et plongions énergiquement, évitant ainsi de trop montrer notre nudité.

D’autres osaient plus franchement. Dans un coin, à l’ombre d’un aulne, des flirts, des caresses, des amours naissants, éphémères, libres.

Deux gendarmes passent en Estafette bleue sur le pont qui surplombe le coin de baignade, stoppent leur véhicule un peu plus loin, viennent vers nous. L’un d’eux interpelle Françoise qui jette une serviette sur ses épaules et sa poitrine nue. Elle sera poursuivie devant le tribunal correctionnel pour atteinte à la pudeur. Nous avions fait une pétition pour la soutenir mais la morale et la loi l’ont emporté. Les potins vont bon train, on s’offusque, oser se baigner à moitié nue !  la fille dévergondée du village. Scandale dans la famille.

Texte : Monique Fraissinet

Un texte écrit en atelier à partir d’une proposition inspirée de l’Écran de nuit : retour autobiographique sur mai 68 en 5 épisodes de François Bon, que j’ai intitulée « En amont de l’histoire »… Marlen Sauvage

Explorer les formes 6 (atelier)

par Monique Fraissinet

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(Des formes et des couleurs)

Le rond ne veut-il jamais s’ouvrir pour garder ses secrets ?

Est-ce la signature qui attire l’œil vers le carré d’Hermès ?

Le losange est-il un carré dont on a fermé les angles ?

Le rectangle bleu indique-t-il toujours un lieu-dit ?

Pourquoi passer du rouge de colère au vert de peur ?

Les enfants sont-ils attirés par les couleurs des livres de la bibliothèque rose, verte, rouge et or ?

Texte : Monique Fraissinet
Photo : Marlen Sauvage

Atelier d’écriture librement inspiré de la question quotidienne de Claude Enuset.
Marlen Sauvage