Secrète Victoire

« Sortons pour étudier la belle nature, tâchons d’en dégager l’esprit, cherchons à nous exprimer suivant notre tempérament personnel. » Paul Cézanne

le frisson de l’air bleu et l’odeur bleue des pins que respirait Cézanne        un vœu à exaucer un vingt-cinq septembre        sous les arbres penchés        le chemin jusqu’au jardin        vers la Sainte Victoire        son chevalet posé ici puis là peut-être où une femme aujourd’hui délave les couleurs        dans l’horizon vibrant d’avant midi et les jeux d’ombre        la mauvaise heure        son œil encore quelque part        entre toi et la montagne        et cette vue recommencée de la majestueuse au grand pin si proche et si distante       massive Victoire épaulant  l’azur       cri incarné des entrailles de la terre         les yeux fouillent en quête du jaune du violet de l’ocre de l’orange brûlé qui manquent au paysage        les secrets regards du peintre        tout ce que tu ne mettras ni en couleurs ni en mots        sauf la voie vers le ciel        oblique        de la lame pétrifiée aspirant les nuages        et ton souffle court        et tes os transis dans la chaleur transparente de l’automne

MS

La Réunion [Plaine des Palmistes, ≠ 2]

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Le 23 (décembre 2012)
Au Conflore du Piton (des Neiges)

J’apprends que le conflore est une plante à grandes feuilles vert et violet sombre dont on mange le tubercule. Le gîte est au bout de nulle part, sur la commune de la Plaine des Palmistes. Enfin, je fais la différence entre un palmiste et un palmier ! Le palmiste ici qui a 3 ans a un tronc sombre et « à franges », on mange son « chou ».

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Le palmier a un tronc beige clair.

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Le lantanier, qui est un palmier, enfin qui y ressemble, porte parfois des fruits rouges, jaunes ou verts.

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L’endroit nous évoque la Cordillère des Andes (où nous n’avons jamais mis les pieds !). La maison est colorée à souhait, elle est isolée (pas tant que ça, d’après notre hôte, Didier), dans une végétation luxuriante au pied de montagnes époustouflantes, coiffées par la brume, ce qui crée une atmosphère très « entre deux », inquiétante et reposante à la fois.

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M. est parti marcher ou courir, mais comme nous venons d’arpenter en voiture et à pied, la forêt de Bébour, j’ai préféré goûter la douche et le moëlleux du lit pour y poursuivre ma lecture de Goliarda Sapienza, L’art de la joie. Et déjà je me sens joyeuse !

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Cahiers et carnets – Des voyages – LR≠2

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