Joyeux Noël !

© Marlen Sauvage 2012

Une vieille chanson réunionnaise que mes petits-enfants m’ont chantée et que je trouve jolie comme tout.

On peut l’écouter ici ou

Quand tu passeras par notre île
Pour toi ce sera plus facile
Il n’y a pas de cheminée
Tous les jours ici c’est l’été
Si tu ôtes ton capuchon
Garde ta robe vermillon
Car pour te cacher des enfants
Tu auras tous nos flamboyants.

[Refrain]
Papa Noël
Descends sur ton nuage,
Tu feras le plus beau voyage,
Viens chez nous pour fêter Noël.
Papa Noël
Tu diras aux rois Mages
Qu’ici tous les enfants sont sages
Et ils t’attendent pour fêter Noël.

Noël en plein Océan,
Noël sous les flamboyants,
Noël en rouge flocons,
Noël à la Réunion.

Noël en plein Océan,
Noël sous les flamboyants,
Noël en rouge flocons,
Noël à la Réunion.

Dans ma chambre j’ai préparé
Des fruits que tu n’as jamais goûtés,
Les letchis d’un rouge vermeil
Comme il n’y en a pas dans le ciel,
Je t’attendrai toute la nuit,
Je veux te raconter ma vie,
Dans ce pays où le soleil
Brûle encore plus fort à Noël.

[Refrain]
Papa Noël
Descend sur ton nuage,
Tu feras le plus beau voyage,
Viens chez nous pour fêter Noël.
Papa Noël
Tu diras aux rois Mages
Qu’ici tous les enfants sont sages
Et ils t’attendent pour fêter Noël.

Noël en plein Océan,
Noël sous les flamboyants,
Noël en rouge flocons,
Noël à la Réunion.

Noël en plein Océan,
Noël sous les flamboyants,
Noël en rouge flocons,
Noël à la Réunion.

Carnet du jour (6)

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Toujours décalée dans la transcription de ce qui devait être un journal, après avoir dû être le carnet de Rome… Mais revenons-en à ce 17 décembre, où arrivée à Montréal pour une quinzaine de jours, je restai sagement au chalet d’Oka, sur les bords du lac, entorse oblige, et ce sera l’occasion de quelques photos encore de ce séjour familial.

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Au chalet d’Oka, donc, tandis que la neige poursuit son entreprise de revêtement. Le lac est invisible. Quelques skieurs de fond s’élancent, ils ont déjà filé. Derrière moi plusieurs hommes étudient une carte et commentent leur future randonnée, j’aime l’accent d’ici. Mais l’un d’eux est français, probablement, il ne chante pas comme les autres, il parle plat. Ici, certains ne vivent que pour l’hiver et ses activités. D’autres s’enferment et pestent contre le froid.

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Je cherche la contrainte à m’imposer pour écrire cette année, et repense à ces idées d’écriture égrenées dans mes carnets. Il ne me reste plus que 13 jours de haïku à publier. Cette discipline d’un haïku par jour depuis le 1er janvier dernier m’aura convaincue que le plus petit objectif peut aider à tenir jour après jour. Mais terminer déjà ce qui est commencé : les petites fictions à partir de la phrase introductive d’une histoire de Ambrose Bierce, traduite par François Bon (Histoires de fantômes, éditées au Tiers Livre) ; ces secrets de maison publiées sur le site des Cosaques et poursuivre mes productions élémentaires, – comme Valéry je crois nommait les natures mortes –, ou cette biographie commencée il y a deux ans…

Le 19 décembre
Ce troisième jour, visite au Spa Mathers. Un jour, je raconterai l’histoire de cet homme mégalomane et de son corbillard en vitrine… J’y découvre le massage hawaïen Lomi Lomi, pratiqué avec les avant-bras et les poignets dans une ambiance monoï et musique ad hoc, offert par mes filles pour ce énième anniversaire… J’en ressors complètement essorée, après un passage en cabine de neige à -8°C et un jacuzzi à l’air libre par -25°C…

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Le 22 décembre
A la fenêtre de ma chambre, Félix vient me parler. J’admire ce grand chat noir sur la neige tombée cette nuit. Il observe ses traces en rond sur le sol, il me rappelle ce chien de l’enfance, Milou, devenu fou à tournoyer autour de sa queue…

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Le 24 décembre
L’épisode Lomi Lomi suivi d’ablutions par températures négatives, très négatives, s’est évidemment soldé par une grippe déjà sournoisement installée…
Le Père Noël passe encore par ici, même sous les sapins de carton et j’ai retrouvé la joie de  décorer ce petit arbre complaisant avec Justin, quand depuis près de dix ans, aucun Noël ne nous avait réunis…

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Le 28 décembre
Visite à l’atelier de Stef, à Saint-Eustache, dans la même rue que le magasin général de la photo… Nous agençons les tableaux, le chevalet de peintre, l’outillage, dans ce salon de coiffure-peinture (il n’y a qu’ici que l’on voit ça, non ?) que se partageront trois artistes dont une peintre-coiffeuse amie…

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Entre deux tasses de thé, toujours vacillante avec maux de tête et toux persistante, je pars me balader à Deux-Montagnes, près de cet autre lac, si beau en cette saison. Les mouettes se chamaillent au milieu de l’eau gelée, on aurait envie de s’aventurer dans ces nuances de bleu. Un grand-père et sa petite-fille se racontent des histoires sur un banc face au lac. Je ne perçois que le son de leurs voix et le rire de l’enfant.

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Le 29 décembre
La veille de mon départ et de la rencontre avec Eduard, le paysage était toujours aussi enneigé. A chaque course, pelletage et déneigement de la voiture… Je me suis essayé à briser la glace prise sous la neige, avec l’outil adéquat, ce qui n’a pas manqué de m’achever.

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Le 31 décembre
Partie le 30 au soir, je suis arrivée aujourd’hui 31 à 10 h 30 à l’aéroport Charles-de-Gaulle à Paris, où j’erre dans les couloirs, complètement étrangère aux mouvements alentour, fatiguée par le vol. Il y a foule, bruit, tout ce que je déteste. Je finis par sommeiller sur une chaise de bois à la porte annoncée. Après avoir attendu deux heures de plus que prévu, c’est ailleurs qu’il faut embarquer, sans en avoir été avisés… Il est 17h30. Nous quittons Paris…

Un Zap book jaune [≠ 13]

Ce que nous ont raconté S et S hier de leur retour de jour de l’An, serrés comme des sardines dans un TGV, places à 100 F, initiative de la Sncf et du ministère des Transports, peut-être et meilleur moment de ce début d’année pour eux, est révélateur de cette part de bonheur qu’ils portent en eux comme seuls les petits événements sont capables de le susciter.

Sept ans bientôt. Je voudrais lui offrir tellement de paroles, de livres, de collages, de pensées pour lui dire que je suis heureuse près de lui, comme au début, mieux qu’au début.

Sommes-nous le 6 janvier 2001 ?
Je viens de retomber par hasard en feuilletant ce carnet sur la page datée du 31 mars. Je n’ai toujours pas appelé Gilbert M. M. m’a dit avant Noël qu’elle avait essayé de le joindre sur son portable et que ça ne répondait jamais. Elle ne savait pas où lui écrire car il a déménagé chez sa fille et qu’elle ne connaît pas son nom d’épouse.
J’ai terminé les portraits de Teresa et Marinette, et de Françoise, je n’ai pas poursuivi l’histoire de Germain et de Jeanne. D’ailleurs Rog’ n’a sans doute jamais été intéressé par l’illustration de cette histoire. Le petit cheval attend toujours mais le portrait de Jane n’attend plus. Je lui ai offert quelque chose qui ressemblait à un portrait à son dernier anniv. Finies les histoires à partir des images de Stef et toujours pas terminé le livre sur Papa.

A noter : les injures du client au Franprix, qui s’en était pris à la caissière et à moi, à propos des femmes : « pas capables de faire des gosses » ou plutôt « obligeant les mecs à les faire », les voulant « pour avoir une baraque qu’elles ne sont pas capables d’avoir toutes seules », ces femmes « qui aiment les hommes musclés »…

[Je me souviens du malaise devant ce type frappadingue qui m’avait agressée parce que disait-il j’étais passée devant lui ou parce que ça n’allait pas assez vite pour lui… Une caricature.]

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