Arrière, avant, Oleg

Avant. Un temps

Mieux qu’un instant

Qui nous retient.

Longtemps

Arrière. Ou quand hier

Assiégeant sous nos bannières,

Nous faisions face à des barrières,

Ultimes murailles au front de nos lumières.

Avant,

Aurait-il fallu forcer nos frères,

Et freiner leur folâtre délassement,

À beugler des cris de guerre

Pour une vaine bataille fardée ?

Une bataille dépourvue d’ennemi.

Une bataille privée d’allié.

Une bataille sans champ.

Une bataille sans arme.

Une bataille pour un seul corps.

Tant d’effort pour un seul sort.

Avant est notre tort.

Oleg

Amour, Oleg

Aride Mocassin Opalin Utile Réseau

C’est un désert aride, vierge de toute statue, nu de toute édification, dépourvu de tout réseau hydraulique. J’ai soif !

Tous ses cristaux de sable aux reflets opalins rappellent, infatigablement, que les traits de sa domestication sont encore bien froids. J’ai chaud !

Nul besoin ici de mocassins noirs pour s’esquisser une place dans un coin de cette fresque irisée.  À pieds nus et avec un peu d’amour, j’avance !

 

Oleg

Croche ou le jeu du soir, par Oleg

Cloche Rire Octogénaire Chichi Hélice Encolure

Les douze nouveaux coups de minuit résonnent dans l’air moite de mon jardin. Je suis assis là, dans mon rocking-chair, celui-là que je me suis offert il y a dix ans, celui-là même que je désirais depuis des foutus lustres. La cloche semble suivre le rythme de son  balancement. À moins que cela soit l’inverse. Qu’importe !

Aujourd’hui, comme disait ma mère, « me voilà avec une encolure de plus », pour désigner une bougie de plus sur le gâteau. Je n’ai jamais su pourquoi elle employait cette expression, mais à chaque nouvelle « encolure » j’avais le droit à mon sachet de chichis. J’étais à chaque fois le garçon le plus heureux de mon village. C’était du temps quand mon grand-père dessinait des hélices pour le chantier du Havre. Jusqu’à mes quinze ans j’ai eu le droit à mes chichis. Et c’est à ma quinzième « encolure » que mon grand-père cessa de dessiner des hélices pour le chantier du Havre. Cette année-là il cessa de rire…

Ça y est ! Le carillon sonne la dernière croche, le Sol final sur l’air de Meunier tu dors. Ça y est ! Une « encolure » de plus. Ça y est ! Me voilà octogénaire.

Oleg