Après Passe Pierre

J’ai terminé ce travail d’écriture auprès des 18 enfants de villages avoisinants, dont je parlais récemment. Six matinées intenses à proposer de parler de nos vallées, de nos villages, de leur histoire, du petit patrimoine bâti, des surprises cachées dans les ruelles moyenâgeuses, des légendes associées aux lieux…  Six après-midi à transcrire leurs textes, à préparer les ateliers du lendemain, des jeux d’écriture différents pour varier les plaisirs et ne pas lasser ces garçons et ces filles de 8 à 13 ans, dont les plus grands parlaient de jeux vidéo, de tablettes, de consoles, de DS et que sais-je encore pendant notre visite le lundi matin. Heureusement, tous à peu près aimaient lire. L’un deux mentionna même Crime à la lunette et j’en étais tellement surprise que je ne lui demandais rien à propos de sa lecture !

C’était les vacances et pourtant les enfants ont tous joué le jeu… Ils ont écrit, dessiné (même durant mes ateliers pour une proposition autour des Mots ont des visages, inspirée de Joël Guenoun), échangé leurs idées, lu leurs textes, se sont intéressés aux auteurs dont j’apportais la prose en support à mes suggestions : Jean Tardieu, Georges Perec, Paul Eluard, Etienne Klein et Jacques Perry-Salkow pour leurs Anagrammes renversantes parmi d’autres…

Me voilà maintenant à la tête de dizaines de phrases, de textes plus ou moins longs qu’il faut relire,  choisir pour le fameux livre qui reste, je crois, la grande motivation de ces jeunes à participer à des jeux d’écriture durant une semaine de vacances. Car le livre encore fait rêver ! J’entendais un matin une info à la radio à propos des jeunes (et des moins jeunes) qui ne savent plus écrire, former les lettres à la main tant les machines avaient pris le pas sur le papier… Sans doute est-ce vrai si les « études sociologiques » le disent, et j’ai noté que l’on ne dessinait plus un « a » ou un « d » comme on pouvait le faire « avant », certes… L’essentiel n’est-il pas ailleurs ? C’est la question que je me pose… Dans tout ce que l’on s’autorise avec les mots, le langage, notre imaginaire, une façon de voir et de savoir le dire, tout au moins d’oser tenter le dire…

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Avec notre guide, Anne, devant la fontaine Brioude, à Florac.

Passe Pierre, les ateliers de l’imaginaire

Je vais avoir la chance d’écrire en résidence avec un groupe de 18 enfants de 8 à 14 ans dès la semaine prochaine et jusqu’au samedi 4 mai. Le projet s’appelle Passe Pierre, il existe à l’initiative de la Fédération des foyers ruraux de Lozère depuis 14 ans. Chaque année, il couvre un territoire donné : pour nous, il s’agira de celui de FloracBédouès et Cocurès.

Créer collectivement un nouveau légendaire, c’est ce qui est demandé… Je n’ai pas encore d’idée précise de ce que j’initierai, en dehors du fait que j’aimerais que ce livre soit le reflet de l’écriture des enfants. Il s’agira davantage pour moi de faire écrire que d’écrire, donc…

Les enfants se partageront entre écriture et arts plastiques, dans des ateliers animés par une illustratrice locale, Dominique Fenice.

A chaque fin de résidence, un livre est publié dans la collection « On dirait que… »

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