Petits bonheurs (121)

©CH

« Les salons de coiffure sont fermés ? Alors, coupe maison ! Chut, on ne se moque pas ! » [car ces animaux sont susceptibles…]

Spéciale dédicace pour toi, ma Julie H. puisque c’est ta fête et pour Claude H., ton grand-père, dont nous aurions fêté aujourd’hui le 95e anniversaire. MS

Texte et photo : Cathy Heendrickxen

Petits bonheurs (119)

Photo : Liliane Paffoni

J’ai toujours eu conscience qu’avoir un jardin était un grand privilège. Issue d’une famille de paysans, j’ai toujours entendu mes grands-parents et mes parents parler de leur jardin avec respect et reconnaissance. Ma mère était institutrice et nous étions donc logés dans une maison/ école et pendant mes dix premières années, nous n’avions pas de jardin. Je me souviens encore du bonheur de ma grand-mère quand la commune nous a alloué un petit jardin en dehors du village. Nous habitions à côté du presbytère et M. le Curé avait un jardin magnifique. Un mur séparait l’école du presbytère, il y avait un trou dans ce mur et j’ai passé des heures à contempler ce jardin inaccessible. 
Les sensations, les odeurs, les couleurs, les textures… tout vient de l’enfance. 
J’ai dû attendre l’heure de la retraite pour avoir un jardin. Et, aujourd’hui, à cause du confinement, je sais combien il est précieux et je pense à mes enfants et petits-enfants qui vivent en appartement et à tous les autres qui en sont privés. 
Quand je me promène dans les villes ou villages, que je vois des maisons entourées de terrains complètement vides où pousse juste une pauvre herbe famélique, j’imagine immédiatement tout ce qui pourrait y naître, grandir et embellir la vie.
Comme le jardin est un lieu de méditation, le mien est parsemé de quelques citations dont voici un exemple sur la photo…

Liliane Paffoni

Petits bonheurs (113)

Photo : Monique Fraissinet

A croire qu’elles s’étaient donné le mot sauf que l’une ne connaissait pas l’autre. Elles ont décidé de mettre du sel dans ma vie.

L’une m’offrit du sel de l’Himalaya, l’autre de la « Fleur de sel piment de la Jamaïque ». 

Je me suis mise à rêver. J’ai vu les yacks titubants, les flancs chargés de blocs de sel rose et gris, qui débordaient des grands paniers, des longues colonnes noires promenant leurs corps poilus le long des pentes escarpés de l’Himalaya, les hommes aux visages burinés par le froid, leurs yeux fendus, leurs sourcils recouverts de particules de glace, leurs pommettes rondes violacées, leurs gros manteaux de peau, et j’ai imaginé le bivouac pour y passer une nuit. 

J’ai laissé passer le froid et me suis mise en marche vers les tropiques. Le soleil de l’Amérique centrale, les parfums évoquant la cannelle, le poivre, la muscade et le clou de girofle. Les femmes assises sur des nattes trient les épices, les font sécher, entament un chant qui scande leurs mouvements réguliers. Un sel à la couleur de leur peau.

Une pincée de petits bonheurs.

Texte : Monique Fraissinet