Nos rires survivront à nos plaintes

marlen-sauvage-Mattiani-Jours

 

« Nous deviendrons vains
à nos absents nos plaintes creusées
au mitan du rocher où chuchote le tapage du monde
nos pas nous mèneront à l’inconfort de vivre
aux confins de lueurs d’espoir

nos pleurs éloignés des amertumes
apprivoiseront les départs
à formuler des adieux désormais nous nous appliquerons

nous nous appliquerons jusqu’à ce que la mort chavire
les visages dans l’ordinaire
eux qui demeurent parmi les songes passés
aux voix bruissant à jamais dans nos tempes
dans la brume où dorment les ornières
deviendront ponts suspendus
absents effacés dans la vieillesse
celle au ventre gonflé mise en terre
absences auxquelles il faut consentir
en étouffer le manque qui vrille la chair

Survivrons à nos plaintes
dans la brume où dorment les ornières

nous aussi bientôt soustraits à l’empressement du monde
sédiments pierreux immobiles
enfouis au terreau à la vase du limon
statuaires rouillées du temps qui clôt les lèvres
la rivière qui s’enfuit oubliera nos froideurs de pierre

nous aussi soustraits aux pesanteurs disparates
un jour désapprendrons leurs visages et leurs voix
nos rires survivront à nos plaintes
en attendant nous aussi soustraits

Vivre !

déterrer dans toute ombre le souffle de nos bouches
oublier les mots disparus les phrases inachevées
pénétrer dans l’antichambre s’arrêter sur le seuil
observant déposés comme des offrandes
leurs yeux fermés que plus rien n’éclaire
la douleur de leurs arrachements par bribes
rassemblée aux ombres qui se souviennent

éprouver d’écrire à éclaircir les brumes automnales
la réalité nébuleuse au sortir d’un rêve pâle
quand le silence nous prend la main
pour nous conduire à l’absence
dans l’illusoire apaisement de la contemplation de la nature

à la fin de l’hiver les amandiers sont en pleurs
l’été n’est pas aux coquelicots qui rougissent les champs
mais au sang à l’heure où s’abattent les mondes

tremblantes lumières à l’instant du déclin
les cheveux blanchissent aux années qui s’égrènent
nos morts ne sont pas trépassés sont leurs rires
les nuances de leur teint les timbres de leurs voix
leur terrible ardeur fouit une quête de silence
de pierreux de granite vivent leurs rêves

personne ne s’aveugle entre les lignes d’une vaine écriture
dans l’envers des yeux des hommes. »

Rose-Marie Mattiani, Des jours sans eux, ©éditions Unicité, 2018
[Illustration de couverture, Rose-Marie Mattiani]

 

 

Un Zap book jaune [≠ 16]

Je demanderai quand même à André Velter si ce n’est pas de l’espérance cet amour posé sur lui et dans lequel il puise chaque journée pour vivre. Ce qui le pousse à avancer, n’est-ce pas cette certitude-là, et c’est mon espérance à moi, que le passé reste présent à tout jamais dès l’instant qu’il disparaît.

[J’avais portraituré André Velter pour Canal, le magazine de la ville de Pantin, à la sortie de son livre L’amour extrême, dédié à l’alpiniste Chantal Mauduit, disparue dans une avalanche trois ans plus tôt dans l’Himalaya. Et j’avais été touchée par cet homme dévasté et néanmoins debout grâce à la force des mots.]

Dans le plus quotidien de ce qu’il reste à faire, pour ce février entamé finalement, je suis obligée de compter tous ces articles pour Canal dont cet interview de André Velter, de A. Jeannot et dès demain les articles santé et jardinage. Sans compter le recensement dès jeudi. Où trouverai-je le temps ?
D’autant que je voudrais faire tout autre chose, poursuivre cette nouvelle entamée le week-end dernier, à moins que je n’attaque la précédente ? Peur du mélo qui fâche… Je réfléchirai encore. Et cette envie de lire, comment la combler toute ? Elle revient toujours. J’aime bien Germaine [Tillion] et Jean Lacouture mais je préfère encore les romans qui m’attendent et que j’entasse à proximité. Et cette histoire de Joseph… Je veux juste vite en terminer avec le travail o-bli-ga-toire !

[Rien n’a changé sous le ciel des Cévennes ! Je cours toujours après le temps, les livres s’accumulent et les projets aussi.]

Licence Creative Commons

Le carnet jaune à spirale [2012, suite ≠4]

De quand datent ces notes-ci ?

Lecture
Une lecture en pleine nature, enfin, dans un village perché dans la montagne. Deux femmes auteurs lisent tour à tour et racontent leur livre. Le public compte vingt-cinq personnes attentives. C’est au moment du pot de l’amitié que je le reconnais. Je l’ai lu, j’ai lu ses poèmes, je le lui dis. Il me semble que sa peau claire de blond rosit. Son regard bleu brille et transperce le mien. [L’impression était qu’il regardait à travers moi, de ce genre de regard tellement limpide que cette limpidité vous trouble] Je suis encore dans l’émotion de cette rencontre où je lis sur ses lèvres les paroles qu’il chante. Car je l’entends chanter, sa voix me chante la poésie qu’il n’écrit que dans une réponse à ce qui s’impose, les difficultés à publier, se faire publier, à poursuivre l’aventure d’une maison d’édition commencée dix ans plus tôt et qui s’épuise maintenant. Sa voix me chante son envie de partir, de laisser derrière lui tout et le reste, pour… pour… Son regard questionne, enfin, c’est cela que j’éprouve, la question de son regard bleu, et je lui souffle une réponse possible, la nécessité de la rupture peut-être pour créer autre chose, pour se fragiliser, se retrouver. Peut-être. Oui, c’est cela. De nouveau, la voix, le regard lumineux que brouillent les longs cils, et la certitude que de la poésie couve sous cette indécision.

[Le poète en question est Cédric Demangeot.]

Licence Creative Commons

L’envers du poème

L’idée est de revisiter certains poèmes connus ou moins connus, et de les réécrire en négatif… à partir du contraire exact de chaque mot, verbe, adjectif, etc. Un travail de vocabulaire donc, où nous pouvons toutefois laisser libre cours à notre fantaisie.
On peut aussi prendre chez l’un ce qu’on ne prendra pas chez l’autre, et vice versa…

Ci-dessous une tentative, en hommage à Rimbaud :

« J’ai repoussé la nuit, refusé d’entendre les chants sournois des bas-fonds.
Partout le feu était vivant, hors de mon corps, mais palpable. Il suffisait d’y croire. Dans ma fuite lumineuse, j’ai éteint des souffles moribonds et glacés.
En me retournant, j’ai vu les dragons pleurer et s’assoupir. »

Marlen Sauvage

Fragment poétique

Pour cette proposition, il s’agissait de dériver à partir d’un mot, d’échapper à une forme de langage qui voudrait être signifiante… de dériver en fonction de la sonorité du mot pour aller éventuellement vers du sens. On pouvait donc travailler un chant dont le sens importe peu, à la façon des indigènes australiens « Les mots n’ont aucun sens, mais le chant signifie : Prends-le, je te le donne. » J’avais lu le texte intitulé SONS, dans Les techniciens du sacré, Ed. José Corti, 2007. On peut aussi évoquer Jorane, artiste violoncelliste, et les mouth-music du folklore irlandais… Et bien sûr, mentionner Gherasim Luca, et son texte Passionnément.

Le mot était : l’automne.

Chrystel C a écrit ceci pendant cet atelier :

« Loto, tolo, olto, tolone, colonne,
Lo, lo, l’eau, l’aune, tonne, tonnelle, elle tôt, lote, moletonne, elle tonne la colonne,
Colonette, lotonette, salopette, talonette, lotonal, tonal, cardinal, lotocar, tocard, carloto, carlito, litonal, litolo, lis tôt, vite au lit, lotoli, ni le tôt, tonilo, tonimo, monito, animaux. »

« L’aut l’auto l’autocar tocard carmino carmina carlota,
l’aut l’automnal l’eau tonneau, le tonneau, loterie,
l’aut l’eau l’homme l’homme tôt l’homme trop tôt se lève. »

Un premier prix pour Guillaume Baulès !

Avec le poème qui suit, Guillaume Baulès a gagné le premier prix 2013 du concours de poésie organisé par le département de la Lozère, dans la section « Collégiens ». Le thème était « avoir et être ». Pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, Guillaume a 12 ans. Félicitations !

Une histoire de pouvoir

Etre un hêtre ne change qu’une lettre
Mais, quand avoir a du pouvoir,
Ca ne change plus une, mais trois lettres.
Mais avoir ne veut rien savoir,
Il veut rester maître de cette histoire.

Hêtre dit, moi je suis arbre,
Mais aussi un verbe important,
Avoir lui dit, je n’suis qu’un verbe,
Mais tout ce que je désire
Se réalise tout simplement.

Hêtre, vexé, cherche diverses excuses
Pour prouver sa valeur de muse,
Mais avoir ne veut rien savoir,
Il dit qu’il préfère choir
Que de continuer conversation
Avec cet hêtre un peu trop fanfaron.

Chaque être humain a son hêtre,
Chaque verbe avoir a son maître,
Il n’y a pas d’être sans avoir,
Il n’y a pas d’avoir sans être.

Guillaume Baulès – Janvier 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils ont slamé leur poésie

Tout arrive. Les textes des slameurs du collège Achille Rousson sont ici (St-Etienne Vallée française, 48). Slamés en juin dernier pour les adieux… Publiés avec leur accord.
Ne savais-tu pas que des millions de gens meurent en Afrique
Ne savais-tu pas que dans le monde il y a autre chose que toi
Que des gens meurent de faim et de froid
Des femmes se font battre, violer, vitrioler
Des hommes se font exploiter, frapper, torturer
Ne savais-tu pas qu’on a une vie paisible
Malgré tout ce qui se passe on est tranquille
Ne savais-tu pas qu’il n’y a plus d’emplois
Que des gens se retrouvent sans toit
Des pays aujourd’hui encore sont en guerre
Et nous on ose parler de misère
Ne savais-tu pas que dans des pays on s’tait
Qu’il n’y a pas moyen d’exprimer ses idées
Ne savais-tu pas que les enfants n’ont pas le droit à l’enseignement
Alors que nous on fait les cancres en Occident
Ne savais-tu pas que la couche d’ozone est touchée
Que l’on risque tous d’y rester
Ne savais-tu pas que le réchauffement climatique
N’est pas un mythe mais bientôt au stade critique
Maintenant que tu sais tout ça
Regarde mieux autour de toi

(Auteur : Mélissa, « Egoïste ignorant »)

J’ai oublié

J’ai             oublié                         d’éteindre la lumière
en partant

J’ai             oublié                         de fermer l’eau
en me brossant les dents

J’ai             oublié                         de couper le moteur
de la voiture lorsqu’elle etait arrêtée

J’ai oublié de débrancher mon ordinateur
en sortant

Ça va, c’est pas moi qui paye la facture

En attendant, en Afrique ou ailleurs
les gens disent plutôt :
J’ai oublié de manger a midi…
et hier aussi…

(Auteur : Elisa)

L’Avenir est un défi
C’est une quête constante, épuisante, à laquelle je ne peux me dérober.
L’Avenir est un inconnu, que je peux craindre ou au contraire aimer
et m’amuser à habiller d’espérances et de projets.
L’Avenir est un salaud,
Il me force à remuer ma carcasse,
à changer pour lui, à devenir une autre,
sans quoi je resterai bloquée dans mon passé.
L’Avenir peut prendre la forme de ce que je veux,
se modeler selon ma volonté.
L’Avenir est un inconnu,
qui m’effraie en me séduisant, qui m’attire en me repoussant.

(Auteur : Diane)

Hier
Hier je dormais
Aujourd’hui, je respire
Enfin j’ai décollé de cette toile
Sans soupir
Je ne veux pas rester en face
De l’étrange carcasse
Qui restera de moi si je m’attarde,
Je calcule aujourd’hui le défi
De l’avenir
Comme le pommier d’automne
Si je ne fais rien je perds mes pommes
Je suis inquiet pour le passé
Et le futur me séduit
Je pense bosser
Pour avoir ce dont j’ai envie
Je le décide aujourd’hui
J’ai bien compris que ce n’est pas fini
Mais ce savoir m’aidera
A faire valoir mon bon vouloir

(Auteur : Julien) 

Sans ami
On marche sans but
Sans projet, sans idéal
Chaque heure dure 666 minutes
Dans un vide intersidéral
On ne peut plus parler ni rire
Sans ami
Cent états d’âme
Toute ma vie est un drame
Plus de complicité plus de paysage
A la vie
A la mort
Toi mon ami
T’es comme un ange
Avec toi plus rien n’est étrange

(Auteur : Thibaut)

 

Ami un jour, ami toujours.
Cette vieille promesse est restée.
Même si la vie nous joue des tours
Nous l’avons toujours respectée.
On s’est fait rire,
On s’est disputé
Je t’ai écouté
T’as beaucoup parlé.
Je t’ai raconté tous mes malheurs.
T’as su les garder dans ton cœur.
Jamais mot tu n’as soufflé
De la tempête de mes secrets.
T’as toujours été près de moi
Quand j’allais mal plus d’une fois.
Il n’y a jamais eu de grosse trahison
Mais de l’amitié à profusion.
Seul toi connais mes faiblesses comme mes points forts
Et me contredis si bien lorsque j’ai tort.
Nous sommes les mêmes
Nous sommes liés
Par un sentiment plus que sacré.
Tu lis dans mes pensées comme dans un livre ouvert
tu me fais m’évader, tu me changes d’air.
Il n’y a que toi qui peux comprendre
Quand je n’ai rien envie d’entendre.
Il n’y a que toi, il n’y a que nous.
Ensemble, plus fort que tout…

(Auteur : Melissa)

Une tache de sang, une tache.
Des mots, des injures que tu rabâches.
Encore et encore sans relâche, lâche,
Jusqu’à ce que le bonheur
tu m’arraches.

La haine, la haine s’installe
La confiance vaut plus que dalle !
Moi qui te pensais formidable
N’ai pu éviter l’inévitable

Je te l’avais donnée la clef,
La clef qui savait m’ouvrir
Tu n’as pas su la garder
Et je ne puis que souffrir

Il n’y a plus d’attachement
Je t’aimais étonnamment
Je ne fais plus de fantaisies
Je cherche un peu de poésie

Cela frêne ma léthargie
Ma léthargie n’est que folie
Tu étais oui un vrai frère
Un pote avec qui parler
Mais tu n’as pas su te taire
Tu as mis à la lumière
mes secrets.

(Auteur : Melissa)

Dans la bouteille tu trouves du réconfort.
Une mélancolie ivre jusqu’à l’aurore.
Tu noies toujours dans ta chope de bière
La liqueur de tes soucis en un goût amer
Mais tu ne comprends pas que ton allégresse
N’existe qu’aux travers de ta noble tristesse
La putain de boisson est ton exutoire.
Elle a le caprice de te laisser choir
Complétement, elle fait de ta face un débri
Car elle est surtout ton plus grand ennemi
Ce poison crée un monde fabuleux
Où tout ne peut être que merveilleux.
Son whisky, son rhum, sa vodka ou son vin
Font les fameux fers qui fondent ta fin.
Un peu sadique est ton fatal plaisir
Puisque tu t’épuises vainement à souffrir.
Ton simple regard est devenu vide
Ton sombre visage est marqué de rides
Tes joues pleines sont devenues arides
Ton teint éclatant est maintenant livide.
La vie s’efforce de couler lentement
Alors que tu aimes à perdre ton temps
Dans ton monde libre et imaginaire
Où toutes tes plaintes ne sont qu’éphémères
Un flot de rancune te boit rapidement.
Ton cœur est une boîte à ressentiments.
Autour de toi volent des espèces de charognes.
Plutôt que de t’aider ils te traitent d’ivrogne.

(auteur : Mélissa)

Ce qui m’énerve c’est ça
Que l’on juge quelqu’un que l’on ne connaît pas
Sur ses origines ou sa religion
Sur ses choix ou sa nation
Les mots ont le pouvoir de blesser
Et les cons de critiquer

Ce qui m’énerve c’est ça
Parler, parler, parler pour ne rien dire
Parler à en mourir

Un homme on ne peut pas juger
Juger sur ce qu’il est
Car il n’a rien demandé
Qu’un petit peu de silence
Le silence ça sert à quoi ?
A éviter aux ignorants
De déverser le sang

Certains devraient le fréquenter
Car la parole en a assez
D’être utilisée a tort
Quand on la prend et qu’on la tord

Je suis, tu es, nous sommes
Car nous sommes tous des hommes
Lassés, lassés des préjugés
Marre, marre, de ces bavards
qui ne savent pas ce qu’ils disent

 Ce qui nous énerve, c’est ça

(Auteur : Melissa)

Un canapé en cuir
Des fauteuils
Une télé
Une bibliothèque
Une table en morceaux
Le vaisselier gratté par le chat
Une peinture horrible
Un tabouret casse-gueule

Ma sœur

Ma chaise de bois
Ma playstation
Ma table basse
Ma fenêtre
Les jouets d’mon p’tit frère
Les rideaux arrachés par le même chat
Les coussins peu confortables
Le carrelage glissant
Le placard bien rempli

Les perles de ma mère

Une guitare monocorde
Le jouet du chat inutile
La vue sur la cour déserte
Une grande porte qui explose les doigts
Des jeux de société
Un lapin crétin, moche et serein
Un meuble à chaussures vide
Des chaussures devant le meuble
Des vieux parapluies
La porte de mon placard
Mon placard
Mon nutella
Le vélo d’mon frère
Son horrible klaxon
Une trottinette
Un patin à roulettes
Un jouet cassé et mâchouillé
Une rédaction coloriée
Une punition sur une table

Un petit frère aux fesses rouges

Un ballon passable
Un action-man farouche
Une couette sommnifère

Un gentil petit frère

(Auteur : Julien)

Elisa

Un arbre
Un tilleul
Une graine plantée à ma naissance
Avec de majestueuses branches
Une toute première feuille
Les prémices d’un ange.

Un arbuste
Un centenaire
Un faiseur de tisanes
Un morceau de bois dans la terre.
Des yeux dans l’écorce
Un sourire dans les branches
Des bras regorgeant d’oiseaux.

Deux enfants nés en même temps
Un homonyme végétal.

(Auteur : Diane)

Quand la faim entre en collision
Avec mon imagination
Je mélange sucré et salé
La farine et l’acidulé
Je crée une panoplie d’odeurs
Que j’associe à des saveurs
Mes ingrédients sont mes souvenirs
Je veux créer un elixir
De tous ces bons moments passés
Avec ceux qui vont le manger
Que ce parfum leur fasse penser
à un moment très gratiné.
Que l’amer leur rappelle la mer
Et que le sel les remette en selle
Mais quand ma mixture est achevée
Je vois leurs mines dégoûtées
Pourquoi mon p’tit plat les débecte ?

C’est simple : il est infect !

(Auteur : Diane)

Une sucette au goût artificiel
Des couleurs de l’arc-en-ciel
Des chewing gum, des carambars
Achetés au tabac-bar
A la sortie du collège
Pas besoin d’un grand manège
L’attraction c’est les bonbons
Petites filles ou grands garçons
Ont chacun dans la bouche
Un souvenir qui les touche
Car il nous rappelle notre enfance
Et les toxines de l’insouciance.

(Auteur : Mélissa, « Sweet memories »)

 Tu passes ton temps à blablater
Poil aux pieds
Et tout est un drame avec toi
Poil aux doigts
Ton passage est comme une tempête
Poil à la tête
ça m’donne des envies d’homicide
Poil au bide
Et puis soudain, tu r’deviens ange
Poil aux hanches
Mais c’est pour mieux recommencer
Poil au nez !

(Auteur : Diane)

Participants à l’atelier Slam : Basile, Diane, Elisa, Julien, Melanie, Melissa, Samuel et Thibaut. Les textes slamés ont été sélectionnés par les collégiens.