Carnet du jour (13)

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[Sans doute ai-je l’impression, à cultiver ce décalage, de ne plus parler vraiment de moi…]

A rebours, toujours.

Lundi 20 mars
Visite surprise il y a trois jours de D. M. qui repartira un jour plus tôt que prévu en raison de son incompatibilité momentanée avec la maison, trop grande, le silence des pierres, le froid encore enclos dans les murs… Fragilité… AG de l’asso des Amis ce soir. Too much ado about nothing. Nous poursuivrons notre activité jusqu’après le Festival du livre.

Hier 19 mars, virée au Pont-de-Montvert sous le soleil de dimanche avec D.M. Ballade à l’Hermet sur un GR/PR mal signalé. Nous nous perdons avec plaisir dans la lande pierreuse, cherchant les petits cairns élevés ici et là ; dans le grand vent nous tentons une méditation qui se termine par un éclat de rire et la remettons à plus tard. Photos.

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Samedi 18 mars, soirée poésie à Rousses, à La Ruche, le café de pays du village, à l’accueil simple et sympathique. Un beau moment généreux où chacun partage ses poèmes favoris ou ses propres vers avec la salle, au gré du repas (délicieux…). Fous rires avec L. et M., impossible d’arrêter de glousser comme des gamines à la déclamation d’un homme venu expliquer à l’une d’entre nous comment lire… Une fois calmées, grande discussion sur le plaisir du texte et l’effacement du lecteur devant ledit texte. Avis partagés… je maintiens le mien devant cette tablée d’hommes du cru, sûrs d’eux souvent ! A. chante Barbara et nous enchante de sa belle personnalité.

Vendredi 17 mars, aller-retour maison-Nîmes pour récupérer D. Soleil chaud.

Jeudi 16 mars, soirée Afrique(s) à la bibliothèque de Florac pour le Printemps des poètes, avec Frédérique Bruyas et Adama Bilorou, poly-instrumentiste du Burkina Faso, issu d’une famille de griots. Lui ne dira rien, mais jouera de différents instruments de percussion et autres djembé(s),  du balafon, et d’un genre de cithare, dont j’ai oublié le nom… Magique moment de découverte de textes africains et nord-africains d’auteurs tels que Jacques Famé Ndongo, Leonora Miano, Véronique Tadjo, Assia Djebar, Joyce Mansour ou Olive Schreiner…

Mardi 14 mars, journée réunion avec E. au troquet de Barre et chez P. pour un grignotage. Je repars avec un « porte-bougie » maison !

Les délires d’Izabo

DES LITS, DéLIRE, DéLIT, DES LYRES, DèS LIRE, DéLIE, DES LIRE

Ali et Anne-Lyse sont liés de façon illimitée. Ils se délitent au lit avec délice et volubilité.

– Ô ma lilliputienne, ma Lilith, laisse-moi être ton lycaon sublime, ta libellule délicate, laisse-moi ligner sur ta peau lisse des collines ursulines, laisse-moi utiliser mes lèvres lippues pour décliner la liqueur libidineuse de nos liesses libertines, libère la malice de ton calice en trivialité délirante, laisse-moi être ta licorne liégeoise, ta limande limousine, ton lion lituanien…

– Ne mollis point mon Ali de silice, tranquillise ta littéraire pluralité, je suis en liquidité surréaliste, mon Clitandre de tourmaline, ma libellule hooligan, ma sylphide maléfique, à califourchon jouons à méli-mélo jusqu’au torticolis, fi des civilités, soyons indélicats, spolions le living-room, sollicitons un saut-de-lit à Orly, démobilisons-nous en Italie, au Liechtenstein, soyons élitistes, équilibristes, point de nullité dans nos valises, mais du propolis, des litchis, et de la réglisse, ça revitalise et mutualise les métabolismes.

– Ah ma pouliche de Tripoli, laisse-moi être ton Ulysse de la tyrolienne, ton Staline du stimuli, ton polichinelle particulier, rien ne rivalise avec ma panoplie de préliminaires spécialisés, je réconcilie le silicone et l’intelligence, je suis un satellite polisson atteint de somnambulisme, avec moi pas de spleen, je suis solide et solidaire…

– Rapplique avec ta tirelire l’Alinéa de la praline, j’ai pour toi ma saligaude tulipe, ma Rosalie de la frivolité, mon alcaline de la réalité…

Ainsi va leur normalité établie, sans moralité universalisée, mais du symbolisme tout en reliefs et en replis !

L’izabo48forever;D

 

J’ai dormi…, par Izabo48forever

J’ai dormi dans ton amour, j’ai dormi dans ton essence, j’ai dormi dans nos parfums, j’ai dormi ma peau à ta peau, j’ai entendu la mer l’oreille à ton nombril, j’ai bu le sel de nos sueurs et nous étions marées, j’ai dormi dans tes creux, j’ai dormi dans nos passions, j’ai entendu nos souffles s’aimer, j’ai dormi partout où était ton amour, j’ai dormi pour, par, avec, contre, dans, comme ton amour…

J’ai dormi à côté de ton amour, j’ai dormi de mon côté, j’ai dormi dans mon confort, j’ai dormi sans ta main sur ma peau, j’ai dormi bien au chaud sans tes bras, j’ai dormi oui c’est vrai, en pyjama, j’ai dormi en rêvant à de folles étreintes, j’ai dormi sans penser à toi…

J’ai dormi dans l’absence, j’ai dormi dans ton côté, j’ai dormi dans ton odeur imaginée, j’ai dormi où tu étais, j’ai dormi sans toi, j’ai mal dormi sans toi, j’ai dormi dans le sel de mes yeux, j’ai dormi dans le vide, j’ai dormi en transparence de toi,

J’ai dormi sans toi, j’ai bien dormi sans toi, j’ai mieux dormi sans toi, j’ai mieux dormi sans l’amour, j’ai dormi dans tout l’espace, j’ai dormi dans tous mes rêves, j’ai dormi sans tendresse, j’ai dormi brutalement, j’ai dormi écorchée, j’ai dormi épuisée, j’ai dormi en paix, j’ai dormi, j’ai dormi…

Réveille-moi !

Texte : © Izabo48forever

Si habiter une chambre, par Izabo48forever

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Si habiter une chambre c’est s’y reconnaître, alors ma chambre c’est ton regard,

Si habiter une chambre c’est s’y sentir arrivée, alors ma chambre c’est ta chaleur,

Si habiter une chambre c’est vouloir y rester, alors ma chambre c’est ton amour,

Si habiter une chambre c’est se savoir vivante, alors ma chambre c’est ta bouche,

Si habiter une chambre c’est s’éveiller, alors ma chambre c’est ta caresse,

Si habiter une chambre c’est respirer, alors ma chambre c’est ton souffle,

Si habiter une chambre c’est pleurer, alors ma chambre c’est ton absence,

Si habiter une chambre c’est lâcher prise, alors ma chambre c’est notre abandon,

Si habiter une chambre c’est être, alors ma chambre c’est toi…

Texte : © Izabo48forever

 

Photo : Marlen Sauvage