Tristesse, par Anissa

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Sur l’océan des âges j’ai vu
déferler mon âme hier et toujours sur la plage et de l’inquiétude,
et de la non béatitude et de la morosité.

Temps qui passe et dépasse
les choses et les êtres
tu sembles ne pas me voir dans
mon coin, seule, à bout de force,

Tu offres aux uns joie et gaieté,
aux autres amour et beauté.
Et tu t’en vas, tu passes
sans t’apercevoir, sans t’occuper

De cet être qui, au coin
seul, et à bout de force
las d’attendre une paix
promise et qui n’arrive jamais.

Sur l’océan des âges, mon coeur
battait encore pour cet inconnu
qui a perdu mes voies
et mon drapeau et mon parfum.

Et c’est ainsi que je me brisais
hiver et printemps automne et été
à coups répétés, à coups saccadés
sur les ombres passées, sur les villes quittées.

Texte © Anissa [dite Violette Rose]

Photo : M. Sauvage

Le jeu de l’oie du GEM de Mende !

Le GEM de Mende présentait hier à la chapelle Saint-Dominique un Jeu de l’oie superbe, réalisé par les adhérents du GEM, avec Sophie Tiers, artiste plasticienne. Quarante-cinq cases, monotypes sur bois, illustrant des thèmes propres au jeu de l’oie (le puits, la prison…) et d’autres, nés d’ateliers d’écriture (le souvenir, la destination…). Exposition-jeu du 29 septembre au 2 octobre pour le festival Art des Sens 2015.

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Pour jouer, bien sûr, il faut un dé ! Le voici. Et une règle du jeu (en fin de publication).

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Et une piste pour le lancer, le fameux dé ! C’est cette œuvre collective réalisée l’année précédente au cours de la résidence d’auteur-artiste que nous avions animée toutes deux à Saint-Rome-de-Dolan.

marlen-sauvage-GEM1Ce Jeu de l’oie vient concrétiser une idée née à la suite de cette résidence et qu’ont accueillie avec confiance les animatrices Stéphanie et Céline ainsi que les adhérents du GEM. Remerciements sincères. Voici quelques cases pour le plaisir des yeux.

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A l’occasion de cette exposition, le GEM met en vente  un jeu de 9 cartes postales pour le prix de 20 € (ou 2,50 € l’unité) ainsi que le livret Itinéraires réalisé dans la foulée de la résidence de Saint-Rome-de-Dolan.

Règle du jeu (élaborée par les adhérents du GEM)

Objectifs du jeu :
Traverser, observer, écouter, s’exprimer, partager.

Dans cette exposition, le spectateur devient joueur,
Il lance les dés et se déplace du nombre de cases correspondant.

Il se retrouve face à une case, deux possibilités s’offrent à lui : il peut soit dire, soit écrire ce que le dessin lui évoque. Une personne lui prêtera l’oreille ou un stylo.

Ensuite, la personne qui aura accueilli ses propos lira au joueur un des textes correspondant à l’image.

Le joueur bénéficie d’un temps d’écoute et d’observation au cœur de son itinéraire.

Le joueur relance les dés et renouvelle l’expérience tant qu’il le désire.

Lorsqu’il arrive au bout du parcours,le joueur peut visiter l’exposition et devenir simple spectateur. Un recueil de tous les textes associés aux cases du jeu lui sera proposé pour suivre les oeuvres et leurs écrits.

A la sortie, il peut partager ses impressions et questions avec les artistes, s’offrir une jolie carte ou même le livre « Itinéraires » et passer le mot aux personnes qu’il connaît en leur conseillant de venir voir l’exposition.

© GEM de Mende sur l’ensemble des œuvres présentées ici.

Texte et photo : M. Sauvage

Sidi-Bou-Saïd, en avez-vous rêvé ?

Une après-midi de solitude et de janvier, traîné mes baskets dans le joli port de Sidi-Bou-Saïd. Arpenté la rue Habib Tameur (à moins que ce ne soit encore l’avenue Bourguiba) et pris ce cliché parce que le bleu me rappelle celui de Majorelle, qui contraste avec le bleu plus clair qui égaye ici toutes les habitations.

1RueThameur

Grimpé dans les ruelles au rythme de ma flânerie et de l’effort que réclame la petite montagne, le  djebel Manâr, à laquelle s’accroche le village. Il y a de l’attente dans cette ascension, quelque chose de l’ordre du dévoilement qui se mérite, qui ne saurait tarder, il faut grimper encore. Et jeter un œil par dessus le mur, sur la droite, à un moment…

2SidiPortAuloin

Ou même se glisser par la porte du café des Délices sur la terrasse qui surplombe ce paysage, ne pas répondre aux avances des serveurs, juste embrasser la vue, se répéter la litanie des grands noms qui se sont succédé dans la ville, se chanter Chateaubriand, Flaubert, Lamartine, Bernanos, Gide, Colette, de Beauvoir, Montherlant, et recommencer, tous ayant arpenté  « Sidi-Bou » et ressenti je ne sais quel saisissement sans doute, mais comment le contraire serait-il possible, ne rien ressentir devant un tel panorama ? Se raviser… un café alors ?

3CafeDelices

Finalement non.
Marché droit devant moi en sortant des Délices, monté les escaliers jusqu’au jardin en hauteur qui surplombe le golfe de Tunis. Foule. Foule d’appareils photo. Alors j’ai attendu assise sur un muret blanc. Observé autour de moi les enfants, les parents, les jeunes, les vieux, les solitaires, les accompagnés. Jeté un œil à gauche.

4DelicesSurplomb

Observé l’horizon rosir. Tourné le regard légèrement à droite. Senti la fraîcheur tomber.

5DelicesHorizon

Attirée entretemps à droite, plus à droite, vers cet orangé splendide résonnant du bruit des prises de vue, attendu, attendu, les muscles agacés de se mobiliser sans cesse tandis que les photographes se relayaient au même endroit et qu’il fallait encore patienter.

6SoleilSidi

Goûté le bonheur d’être seule ici en ce moment précis. Cogité. Soupiré. Respiré.

Redescendre ensuite à travers les venelles privées de leur agitation, croiser encore le ciel dans son rougeoiement quand le soleil s’apprête à disparaître jusqu’au lendemain. Se dire que la vie a de ces rebondissements et encore ressentir au creux du ventre l’éblouissant bouleversement. Se répéter l’alphabet arabe. A comme alif, A comme amour, A comme toi.

6CouchantSidi

Longer les murs ocre clair, sourire aux étudiants qui se photographient. Admirer le bel arbre coincé dans si peu d’espace.  Presser le pas.

8SidiRetour

Entendre se fermer les portes de bois, s’éteindre les voix des commerçants et leurs rires. Me dire que je serai rentrée à la nuit.

8SidiRue

Encore attirée par ce moucharabieh du même bleu Majorelle que celui observé rue Habib Tameur – à moins que ce ne soit avenue Bourguiba – et je me demande subitement si le bleu est aussi intense parce que le soir tombe, si j’ai rêvé le bleu Majorelle, si j’ai rêvé le bleu tunisien, plus clair, et je me hâte dans mes pensées bleues…

9SidiMoucharabieh

…perdue dans l’agitation des hommes qui se rendent à la mosquée…

9.1SidiMosquee

…et je pense à toi, Sophie, que j’ai laissée avec ce projet de gravure sur bois, dans des noirs et des bleus, et je pense à Alechinsky que nous aimons toutes deux, et je te dédie cette dernière photo parce qu’elle te rappellera nos tâtonnements pendant tes cours magiques où tu nous laissais croire que nous étions artistes.

9.3HommageSophie

Photos Marlen Sauvage

Licence Creative Commons

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International.

 

 

Tous les chemins mènent à (St) Rome…

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Terminée, la résidence à St-Rome-de-Dolan ! Je n’ai qu’un mot pour résumer cette expérience avec les adhérents du GEM, leurs animatrices, et Sophie Tiers : INTENSE. Avant de mettre en ligne le carnet de cette semaine, voici déjà en quelques images et en quelques mots ce qu’a pu susciter le thème que nous avions proposé, celui des Itinéraires…

Voler dans l’air
comme un vautour
du vent dans l’air
bleu
des nuages
voler pour partir
loin
partir vers un pays chaud
une île

Georgette

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Partir partir là où va la rivière la suivre jusqu’à la mer puis embarquer sur un bateau et aller visiter les îles Partir où l’on veut comme on veut en bateau en train ou en voiture voir des pays que l’on ne connaît pas et qu’on rêve de connaître imaginer ces pays et  voir leur magie qui frappe nos imaginations partir sur un radeau dans un canot et descendre la rivière de cascade en cascade plonger au sein de l’eau mouvante et revenir à la surface se baigner dans l’eau calme d’un étang en attendant de plonger dans celle d’un lagon partir en se laissant aller au gré des flots.

Michèle

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International.

GEM les ateliers en résidence

A partir de demain et pendant une semaine, j’animerai des ateliers pour un groupe d’adhérents du GEM  (merci !) dans les gorges du Tarn (pas le pire en terme de lieu). Une résidence que je partagerai avec une jeune plasticienne, Sophie Tiers, audacieuse et sensible.

La finalité de cette semaine nous échappe encore : une expo ? une installation ? un jeu interactif à taille humaine ? une fresque murale ? En tout cas, notre objectif commun est de nous amuser ! Notre thème sera celui des Itinéraires…

J’emporte avec moi quelques auteurs fétiches (Elias Canetti, Marcel Proust, François Bon…) et aussi Pierre Ménard (rencontré vendredi au séminaire organisé par l’université Paul Valéry, Montpellier III) et ses 365 ateliers d’écriture au quotidien. Impossible de ne pas piocher là-dedans de très bonnes idées à adapter ou non, de découvrir de nouveaux auteurs et leurs univers passionnants. Merci Pierre.

Tout cela donc dans un cadre exceptionnel…

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Que demander de mieux ?

©Photo Marlen Sauvage

 

 

 

Passe Pierre, les ateliers de l’imaginaire

Je vais avoir la chance d’écrire en résidence avec un groupe de 18 enfants de 8 à 14 ans dès la semaine prochaine et jusqu’au samedi 4 mai. Le projet s’appelle Passe Pierre, il existe à l’initiative de la Fédération des foyers ruraux de Lozère depuis 14 ans. Chaque année, il couvre un territoire donné : pour nous, il s’agira de celui de FloracBédouès et Cocurès.

Créer collectivement un nouveau légendaire, c’est ce qui est demandé… Je n’ai pas encore d’idée précise de ce que j’initierai, en dehors du fait que j’aimerais que ce livre soit le reflet de l’écriture des enfants. Il s’agira davantage pour moi de faire écrire que d’écrire, donc…

Les enfants se partageront entre écriture et arts plastiques, dans des ateliers animés par une illustratrice locale, Dominique Fenice.

A chaque fin de résidence, un livre est publié dans la collection « On dirait que… »

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