Un matin dans la vallée

 

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Hier, j’ai regretté de ne pas photographier cette petite vallée cévenole dans le brouillard et, le hasard a voulu qu’Arnaud Maïsetti ait publié ce matin un texte magnifique accompagné de vues splendides du Vietnam… [non, j’ai vérifié, la publication est plus ancienne, mais je l’ai relayée sur ma page FB ce matin !] Le rapport n’est pas évident, mais il faut aller voir pour comprendre ce que je veux dire. Nous aurions chacun donné à voir « notre » brouillard…

Peu après cette lecture, je descendais dans ma petite vallée par « la route du haut » sous un grand soleil, cogitant sur ces chemins, métaphores usées de l’écriture…

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Après le passage sous les frondaisons de bouleaux, de mélèzes, de châtaigniers, voilà ce qui nous attend. La beauté de ce paysage m’émeut depuis treize ans, à chaque saison.

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Une autre fois, d’autres brouillards…

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Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International.

Texte et photo : M. Sauvage

Peu de chose 

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c’est peu de chose, les rochers en écailles de dragon qui dominent la vallée de Trabassac. on se croirait en Irlande quand les genêts s’en mêlent, en mai, comme des points lumineux qui agressent l’œil d’autant que le soleil les embrase et que leur jaune contraste étrangement avec le vert de l’herbe printanière.

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on s’y promène, on y emmène les amis, ils se couchent à même les rochers, les rochers, c’est chaud l’été sous le ventre. on y reste dans le vent qui souffle toujours un peu sur les hauteurs. on regarde au loin, vers les montagnes bleues, et vers la Méditerranée.

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en août, ils se couvrent de bruyère, on l’appelle callune ici, et c’est un tapis rose et violet qui court autour des rochers, sur la lande où broutent quatorze chevaux camarguais, blancs comme neige dans ce paysage de chaleur.

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c’est le lieu de la pensée, dans toute sa tristesse, quand on peut jeter au vent ce qui nous traverse.

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ils accrochent les nuages dans le grand matin, à toutes les saisons, les nuages s’effilochent sur leurs aspérités. et par temps de pluie, ils scintillent, même au soir qui tombe, ils brillent, c’est le schiste.

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on ne partage pas ces rochers, on les visite avec d’autres, mais ce qu’ils nous racontent, on le garde pour soi, la première trahison se terre là, dès l’instant qu’on a partagé ce qu’ils nous racontent.

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c’est un lieu qui vous parle et un lieu qui vous écoute. c’est un lieu rare.

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Ce n’est pas un lieu inaccessible ni impressionnant, c’est un lieu terriblement humain. Il y a de l’Irlande en ce coin de nature, du jaune, du vert, du bleu, il ne manque que la mer, mais au loin elle est là, il suffit de le savoir. Il y a des nuages comme ailleurs mais dramatiquement autres qu’ailleurs, car ils disent la déchirure, la rupture, la séparation. Il faut y venir, aux rochers. Seul, et les écouter.

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Ecrit pour un atelier de François Bon, le temps d’un été. Texte et photos Marlen Sauvage Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International.