Un Zap book jaune [≠ 30]

Le 29 décembre 2008
J’ai ressorti ce carnet pour le feuilleter à la recherche d’expressions qui pourraient typer mes personnages. J’ai fait un bond en arrière de 8 ans… Repéré les récurrences dans ma vie, mes pensées, mes occupations, mes désirs. Et cette permanence-là signe un personnage. Je devrais établir des fiches sur ce mode.
Il existe un autre carnet, ou plus exactement, un cahier « de raison », tenu régulièrement depuis notre arrivée ici. Du coup, je n’ai plus écrit pour moi dans celui-ci… Juste quelques vers et réflexions dans mon moleskine.
T. nous a quittés le mardi 16 décembre, à l’aube, et nous ne nous y attendions pas. Nous devions l’accueillir en octobre et elle avait repoussé au printemps. Elle ne verra pas ce que nous avons fait de cette maison où elle avait séjourné pour ses 75 ans, fêtés avec Pêche et Carine, Pierre & Peggy, puis Gilles et Jean-Dam. Il y a beaucoup de morts dans ce carnet, sans compter ceux et celles qui n’y sont pas inscrits. Je pense à Nathalie N., à Véronique K., à Caroline Beale… On ne meurt vraiment que le jour où plus personne ne se souvient de nous.

Février 2010
Nier le temps. Aucune montre ni horloge à l’heure dans cette maison.
« …toutes arrêtées à des heures différentes pour la négation du temps et la dérision de l’éternité », aurait dit Fernando Vallego (La Vierge des tueurs), prêté par Sarah.

[C’est toujours vrai. Et je réalise que le thème du stage animé ce dernier week-end était celui du temps !]

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Un Zap book jaune [≠ 29]

[2005]

Elle savait que la vie serait longue, angoissante, toute jeune déjà elle le devinait et c’est pourquoi elle s’attachait chaque soir à se remémorer les activités de la journée, à comptabiliser les petits travaux. Ils étaient autant de repères, de jalons sur cet avenir à arpenter, de pierres fichées un jour dans son passé sur lesquelles elle pourrait construire sa personnalité malgré toutes les errances de la pensée et de sa conduite dont elle pressentait qu’elle n’étourdirait jamais sa conscience.

[Des idées jetées au hasard des pages]

Jeux vocaux : murmurer en chœur des poèmes. Dans le désordre, jeter un mot. Déplier des phrases à partir des mots. Travailler la faille, la syncope.

[J’ai utilisé ce jeu en atelier avec des enfants de 8 à 14 ans. Le résultat a été surprenant, un petit extrait du spectacle tiré de ces ateliers :
Qu’avez-vous fait de la Terre ?/Ma plainte s’élance vers les océans/Comme un chant assoiffé de comprendre/Et jusque dans les airs/Qu’avez-vous fait de la Terre ?/Le cheval tombe/Il est tombé/Il ne tirera plus les chars célestes/ Oubliée sa fougue et ses pouvoirs magiques/Il n’éloignera plus des frontons le malheur. »]

Visiter les mauvais côtés d’un personnage : Rituels, de Cees Nooteboom
S’inventer un passé, une lignée.

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Un Zap book jaune [≠ 27]

Emprunter Comédie classique de Marie NDiaye (1 seule phrase) mythe d’Oreste et dernier livre Autoportrait en vert
MND ne revendique pas la réalité de cette autobiographie. C’est une vérité sur le quotidien sublimé par la littérature. « Ma vraie vie, c’est la littérature donc c’est vraiment mon autobiographie. » « Peut-être que chaque femme décrite est une facette de moi-même car je suis aussi une mère, une sœur, etc. » France Culture le 11.01.2005

La question qu’on ne pose pas parce qu’on a peur de la gêne qu’elle occasionnera chez celui qu’on interroge. [toujours à propos de mon père]

« On ne compose pas de paroles avec les yeux »
M & M le 19.01.2005
(tirage de mots successifs)

[Je retrouverai sans doute les jeux d’écriture auxquels nous jouions dans les cafés avec Marc dans ces années-là. Nous en remplissions des nappes entières. Marc se fendait d’un dessin qu’il laissait sur un bout de papier et, royal, le signait en disant « Pour le garçon, le jour où il aura besoin d’argent », en imitant Picasso… Quand je pense à tous ces bouts de papier qui valent peut-être une fortune aujourd’hui, ah ah ah ! Attention ! Ce qui n’est pas signé ne vaut pas un rond ;-)]

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