Un Zap book jaune [≠ 23]

31 juillet 2003
Marie Trintignant serait donc morte, en coma dépassé depuis deux jours après les coups que lui aurait porté Bertrand Cantat dans la nuit de dimanche à lundi. Pauvre Marie, si belle et si douée, dont on dit que la relation avec son père était fusionnelle.
Pauvre père, qui est retourné près d’Uzès où il vit, dans quel état ? Est-ce à cause de cette nouvelle que j’ai rêvé de Papa, qui provoquait les plaintes de Maman parce qu’il était malade ?

[J’ai l’impression de lire un compte-rendu dans Le Monde avec tous ces conditionnels… J’imagine que l’on ne savait encore rien de sûr quant à ce décès. Cette mort m’avait ébranlée. Marie rejoignait les 160 femmes tuées chaque année par leur conjoint. Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours ! disait Benoîte Groult. Nous étions allés écouter Marie et Jean-Louis Trintignant lire Les lettres à Lou, en 2002, dans un petit théâtre parisien, le théâtre de l’Atelier, je crois… Un souvenir émouvant tant le talent de l’un faisait écho à celui de l’autre, dans une complicité simple, sans affectation.]

Auteurs italiens (lus, de mémoire) :
Alberto Moravia
Luigi Pirandello
Rosetta Loy
Grazia Deledda
Erri de Luca
Primo Levi
Anna Maria Ortese
Mario Rigoni Stern
Gianni Celati

[J’accumule ce genre de listes dans mes carnets… Les auteurs lus et relus, ceux qu’il me reste à découvrir. Les Italiens, je les fréquente depuis très longtemps. IL faudrait ajouter à la liste Boccace, quand même, et son Décaméron ainsi que Dante, Carlo Cassola (pour Le Chasseur), Silvio D’Arzo, mort prématurément et dont il faut lire Casa d’altri (Maison des autres), Margaret Mazzantini (Venir au monde), Umberto Eco, Dino Buzati, et tant d’autres. J’oublie Carlo Collodi et ses Aventures de Pinocchio, premier livre qu’il m’a été donné de lire, à cinq ou six ans, dans une édition très édulcorée !!! Enfant, je craignais le mensonge par peur de voir mon nez s’allonger… Il me reste à lire dans ma bibli Cesare Pavese, Simonetta Greggio (Dolce Vita, dont on a pas mal parlé quand il est sorti, et quelques autres encore… ]

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Un Zap book jaune, [≠ 15]

[2001]

Le « mana ». Parmi les publications essentielles de Mauss, il y a celles consacrées à la magie et au mana. Je pense aux « mots mana » de Barthes.

[J’avais trouvé un abécédaire sur le net à l’époque qui donnait cette définition de Mana : « notion liée à l’énergie et à la puissance vitale, croyance primitive universelle sous divers noms. Un dieu a pour fonction de distribuer le mana, élément de vie essentiel et n’a de valeur aux yeux de ses fidèles que s’il peut le faire efficacement. Le mana est une notion essentielle du magisme, universel sous diverses appellations, sorte de force spirituelle immatérielle et surnaturelle. Cette notion est liée à un problème d’énergie et de puissance vitale. Un totem, une entité, un dieu, un chamane a pour fonction de distribuer le mana, élément de vie essentiel qui est lié aux pouvoirs magiques. » J’aime bien faire écrire autour des mots mana que l’on cultive pour soi depuis son enfance…]

Je trouve que ça sent bon
Je trouve que ça sent rond
Il lui caressait la fesse gauche, elle était allongée sur le ventre, presque collée à lui.
Il dit L’autre est un inconnu familier
Elle répondit C’est bien quand ça reste comme ça !

[En retranscrivant ce qui précède, je pense aux Etrangers familiers, ce spectacle (créé en 2008), ce collectif de chanteurs et musiciens, avec entre autres Loïc Lantoine et Eric Lareine créé en hommage à Brassens, et je ne suis pas surprise que l’homme de ma vie soit un fan de Loïc Lantoine…]

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Un Zap book jaune [≠ 14]

[Suite du zap book en 2001]

« Tout le blot rassis des vies chétives » in Septentrion de Louis Calaferte.

[Je ne trouve pas de « blot » dans le dictionnaire et n’imagine pas la signification de ce mot.]

Un texte où il n’y aurait qu’un mot sur deux. Tout ce qu’on pourrait mettre entre les mots.

« Ne devrait-on pas pratiquer de la sorte ? Prendre quelqu’un au hasard dans la rue, le faire parler et écrire sa vie ? » J’y avais pensé monsieur Calaferte !

[A douze ans, je voulais être écrivain, et je m’imaginais suivre quelqu’un, l’épier, écrire sur lui… Sophie Calle a fait cela dans Filatures parisiennes. Quant à prendre quelqu’un au hasard dans la rue et le faire parler pour écrire sur lui…]

et encore
« C’est l’ultime fraction de seconde entre vie et trépas qui doit être saumâtre à encaisser. Personne n’a jamais eu le loisir de dire un mot sensé là-dessus. »

[Depuis, il y a eu Les Choses de la vie, de Paul Guimard, adapté au cinéma par Claude Sautet. Est-ce que cela satisfaisait monsieur Calaferte ?]

Allez, séance culture !
…océans de ponant et de levant, les girandoles des verbes, une barbe flavescente…

[J’aime toujours le « beau » vocabulaire…]

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Un Zap book jaune [≠ 13]

Ce que nous ont raconté S et S hier de leur retour de jour de l’An, serrés comme des sardines dans un TGV, places à 100 F, initiative de la Sncf et du ministère des Transports, peut-être et meilleur moment de ce début d’année pour eux, est révélateur de cette part de bonheur qu’ils portent en eux comme seuls les petits événements sont capables de le susciter.

Sept ans bientôt. Je voudrais lui offrir tellement de paroles, de livres, de collages, de pensées pour lui dire que je suis heureuse près de lui, comme au début, mieux qu’au début.

Sommes-nous le 6 janvier 2001 ?
Je viens de retomber par hasard en feuilletant ce carnet sur la page datée du 31 mars. Je n’ai toujours pas appelé Gilbert M. M. m’a dit avant Noël qu’elle avait essayé de le joindre sur son portable et que ça ne répondait jamais. Elle ne savait pas où lui écrire car il a déménagé chez sa fille et qu’elle ne connaît pas son nom d’épouse.
J’ai terminé les portraits de Teresa et Marinette, et de Françoise, je n’ai pas poursuivi l’histoire de Germain et de Jeanne. D’ailleurs Rog’ n’a sans doute jamais été intéressé par l’illustration de cette histoire. Le petit cheval attend toujours mais le portrait de Jane n’attend plus. Je lui ai offert quelque chose qui ressemblait à un portrait à son dernier anniv. Finies les histoires à partir des images de Stef et toujours pas terminé le livre sur Papa.

A noter : les injures du client au Franprix, qui s’en était pris à la caissière et à moi, à propos des femmes : « pas capables de faire des gosses » ou plutôt « obligeant les mecs à les faire », les voulant « pour avoir une baraque qu’elles ne sont pas capables d’avoir toutes seules », ces femmes « qui aiment les hommes musclés »…

[Je me souviens du malaise devant ce type frappadingue qui m’avait agressée parce que disait-il j’étais passée devant lui ou parce que ça n’allait pas assez vite pour lui… Une caricature.]

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