Une histoire de langue…

Un roman estonien d’Andrus Kivirähk, paru en 2007 en Estonie, en 2015 au Tripode, traduit par Jean-Pierre Minaudier, Grand prix de l’imaginaire 2014. Ça se lit comme un conte fantastique qui se déroulerait au Moyen Age en Estonie, et en cela le livre est accessible à un public adolescent. C’est en réalité un pamphlet contre la modernité à tout crin, sans pour autant tomber dans la glorification du passé et des traditions. Le ressort fondamental du récit est l’anachronisme et qu’est-ce qu’il m’a valu comme fou-rires ! Mais ce qui domine au final, c’est l’impasse inéluctable qui guette l’homme lucide, condamné à une solitude intellectuelle, morale, physique même… La conclusion du traducteur à laquelle je me rallie est celle-ci : « vivre en faisant le moins de dégâts possible autour de soi, c’est accepter l’inévitable tristesse de tout cela, sans se vautrer dans le conformisme et la bêtise qui triompheront toujours, sans pour autant verser dans la haine ni se réfugier dans l’idéalisation d’un passé fantasmé, qui est une autre forme de bêtise… »

MS

Celle du moulin qui grince

C’était hier dimanche à Aubres et le jour d’avant à Villedieu… Les enfants assis sur des coussins sous le nez du conteur, les parents derrière mais pas les derniers à rire à l’histoire contée par Remi Lapouble qui a su embarquer dans la forêt –  de la route goudronnée, en passant par le chemin creux et puis la roche plate et la clairière – jusqu’au moulin qui grince, les dizaines de spectateurs attentifs.
Contes et rencontres, 34e édition, du 11 novembre au 11 décembre. Et on n’a pas encore tout vu !

C’était divin !

Le vin délie les langues… Hier, nous avons voyagé dans les pas de Noé, de Dionysos, et savouré les textes de Giono, Laurent Gaudé, Gaston Couté, Charles Baudelaire, Colette, Jean Richepin, et d’autres, dans la voix de Virginie Komaniecki et Didier Alix. C’était enlevé, joyeux, sensuel, et nous nous sommes enivrés de mots avant de goûter (avec modération) le vin de la cave La Vinsobraise, qui accueillait ce spectacle du Festival Contes et rencontres à Vinsobres, donc. Un spectacle intitulé C’est divin !, un moment trop vite passé !

Dialogues avec l’oiseau

C’est le titre d’un spectacle plein d’humanité, de poésie, de tendresse chanté, parlé par Renat Sette, accompagné à la contrebasse et au chant par Christiane Ildevert. En fait de dialogues, nous n’entendrons jamais l’oiseau (sauf grâce à quelques appeaux), et Renat nous emmène d’une enfance lointaine jusqu’à François d’Assise, Il Poverello, et à sa bienveillance envers la nature, les animaux et les hommes. On ressort de ce spectacle un peu plus optimiste et beaucoup plus joyeux ! Le texte, splendide, est de Vincent Siano.

« L’oiseau de confidence
et de confiance
qui entre en nous comme on entre en fraternité
non seulement par affection mais aussi par nécessité. »

Et ça s’est passé dans un village de la Drôme, Saint-Sauveur-de-Gouvernet, dans le cadre du festival Contes et Rencontres (34e édition)…