Un matin, au réveil

C’était encore pendant le voyage dans le Périgord Noir, sur les hauteurs de Beynac-et-Cazenac, le soleil avait traversé la chambre et m’avait tirée du lit. Par la fenêtre je voyais danser quelque chose dans le ciel, sans comprendre vraiment quoi. J’ai marché jusqu’à la vue sur le château. La surprise était grandiose pour moi, en tout cas ! D’autres montgolfières se sont jointes aux premières et la vallée qui dormait sous les nuages ne savait pas ce qui dansait au-dessus d’elle. Je n’avais pris que mon téléphone et les photos sont comme elles sont.

©Marlen Sauvage
©Marlen Sauvage

Lily, à laquelle j’ai téléphoné aussitôt s’est amusée de ma surprise ! Les vols décollent matin et soir, chargés de touristes qui survolent ainsi la vallée des châteaux avec ses trésors architecturaux et ses magnifiques paysages… Et puis, quelques heures plus tard, tout était en ordre, le château de Beynac veillait sur un paysage dégagé.

©Marlen Sauvage

MS

La dédicace, Monique Fraissinet

En préambule à ce texte que m’envoie Monique, je voudrais dire ma joie de voir publié son livre sur les écoles primaires de Lozère. Monique y a travaillé plusieurs années, elle l’a poursuivi avec ténacité et finalement terminé depuis que les ateliers d’écriture – dont elle était une participante assidue – ont cessé avec le deuxième confinement. Ce qui me conforte dans l’idée que l’atelier n’est qu’un lieu de passage, un endroit depuis lequel on donne un grand coup de pied dans ses peurs pour oser écrire par soi-même. MS

©Monique Fraissinet

Elle marche à contre-sens des badauds, avec à la main, un panier d’osier d’où débordent de grandes et fraîches feuilles vertes de blettes qu’elle vient sans doute d’acheter au marché. Elle jette un coup d’œil vers moi, avance la tête vers ceux qui sont devant la table de dédicace, lance une affirmation, quelques mots à qui les entendra « on en parle dans tout Florac ». L. qui passe par là, prend les mots au vol, me regarde et lance à son tour « ça ferait un titre de livre !», je cueille ce que je viens d’entendre, j’ouvre le cahier rouge posé sur la table et note pour ne pas l’oublier, il sonne bigrement bien. On en parle dans tout Florac ! Les rumeurs courent, se faufilent, s’accrochent, se déforment, se reforment, s’effilochent, se taisent, repartent à la moindre étincelle, au moindre son des voix qui les propagent. Il y celles qui courent vite, celles qui font qu’on prend le temps de s’arrêter pour s’aviser et savoir si la rumeur est bien la vérité. Celle-ci en est une qui me va droit au cœur. L. m’a servi ce titre sur un plateau. Son sourire complice, ses yeux rieurs, le son agréable de sa voix, et je nous revois devant nos propositions d’écriture, la tête en l’air, la tête entre les mains, des bruits de pages, des cliquetis de stylos comme pour amorcer l’inspiration, des soupirs, des silences ou pas. S. se lance, elle n’est jamais à court d’idées. M. les épaules couvertes de multiples couches de vêtements dans des tons allant du rose pâle au violet plus soutenu – elle a toujours froid –  réfléchit d’abord,  construit dans sa tête. A. se déplace, va se mettre dans un fauteuil sous la véranda. Dans la cuisine, C. a préparé des « tartes à tout ». D’autres moins enthousiastes à écrire – mais ça va venir en mangeant – se laissent aller à la gourmandise. Puis chacune s’assied, se jette sur le clavier ou le stylo, les minutes se pressent, la sonnerie de Skype retentit, c’est déjà l’heure, par écran interposé nous allons lire notre production. Qui veut lire ? A. commence toujours ses propos par un soupir prolongé qui laisserait entendre qu’elle n’a pas su faire alors que ses textes sont toujours excellents. Chacune se lance, écoute les retours de M. Trois heures quasiment se sont écoulées, entretemps la nuit est tombée, les voitures quittent le parking. 

Aujourd’hui, je suis sur la place du marché pour trois heures de dédicace. La pile de livres prévue est épuisée, heureusement j’en ai laissé quelques-uns dans ma voiture pour reconstituer le stock. Il est midi, seuls deux volumes sont sur la table.

Monique Fraissinet

Un gîte et des châteaux

Avant les châteaux, il y a eu l’arrivée chez Lily, près de Beynac, en Dordogne. Je dormais dans le pigeonnier, la maison est en contrebas. Partageais ma chambre avec mon Titi, qui retrouvait ses manies de chat dès qu’il était dans la nature. Je le trouvais plus réticent toutefois à s’aventurer… 

La forteresse de Beynac (1000 ans d’existence ! ci-dessus et ci-dessous), je la vois depuis les hauteurs où se trouve la maison de mon amie. Mais là, nous le contournions Lily et moi, ce soir de balade, pour découvrir les autres beautés du coin. J’ai dû jeter plusieurs photos de châteaux, prises de loin, sans intérêt. Le reste suit ici.

©Marlen Sauvage

Ci-dessus, le château de Castelnaud, (j’ai dû le prendre en roulant !) qui possède un musée de la Guerre au Moyen Age. On dit qu’il est l’ennemi de toujours du château de Beynac… Je me suis demandé pourquoi… Pendant la Guerre de Cent ans, il soutenait le roi d’Angleterre tandis que Beynac soutenait le roi de France… Les inimitiés ont la vie dure ! (Mon amie est anglaise, elle ne m’a rien dit de tout cela ! Je crois qu’elle préfère le château de Beynac 😉) Sa position en hauteur offre une vue à 360 ° sur Beynac, Marqueyssac – un autre beau château ci-dessous – et sur la Roque Gageac, un très beau village.

©Marlen Sauvage

Le château de Marqueyssac sur la commune de Vézac, dont j’ai photographié l’église ci-dessous. Ce château est doté de jardins remarquables de buis centenaires…

©Marlen Sauvage, La chapelle du château de Fayrac.

©Marlen Sauvage

Je me suis avancée dans la propriété pour photographier la chapelle, puis les créneaux et enfin le château de Fayrac. Pendant les Guerres de Religion, il fait partie des lieux tenus par les protestants qu’on appelle aussi religionnaires… Jean de Blancher, le seigneur de la demeure, est devenu protestant, tandis que son frère Pierre est resté catholique et sera tué par les Religionnaires. A des siècles de distance – on est en 1580 – ces histoires m’émeuvent toujours ! C’est aussi là que André Malraux séjourna quelque temps en 1944, au moment d’entrer dans la Résistance. Merci Wikipédia !

MS

Oloe du moment…

©Marlen Sauvage

Le titre de ce post renvoie bien sûr à Anne Savelli et j’ai le souvenir de beaux oloes dévoilés par les auteurs d’un atelier d’été organisé par François Bon. Depuis quelques jours, c’est reparti… A la compilation des données d’un récit long que je livre en vrac ici, s’ajoutent des fragments, des gammes, une fiction peut-être, que je travaille dans la belle atmosphère de l’oloe ci-dessus ! Un endroit serein où j’ai glissé mon corps tout entier avec l’âme et l’esprit ! Un endroit d’où je pars et où je reviens, un endroit ami, qui m’ouvre les portes sur l’imaginaire, d’abord entrouvert par François pour l’été (l’imaginaire, pas le lieu !). C’est plein de lectures à venir du coup, ça a bien commencé, c’est ici !