Petits bonheurs (187)

C’était un arrivage de photos floues, revendiquées comme telles !

J’ai déjà parlé de ce jardin magnifique, où je n’ai cessé de respirer le parfum des roses et de l’air du temps, c’était en juin dernier, chez Claude, qui nous fait profiter donc de son regard tremblé (mais ça s’arrange !). Merci Claude !
MS

Petits bonheurs (184)

© Stef Heendrickxen

« Une mega grenouille pensive qui chillait (je pense qu’en québécois, cela signifie « frissonner »…) sur le quai le jour de notre départ… » On a les petits bonheurs que l’on veut, Stef est fan des bestioles depuis qu’elle a vu le jour, quasiment… Et son nom ? Un ouaouaron, probablement…

Et comme j’ai toujours quelques trains de retard, je constate que Stef a publié ça sur sa page FB avec cette légende: « Le prince charmant assis sur le quai de la baie, perd du temps. »

MS (j’aimerais voir la tête du prince !)

La correction apportée par Stef un peu plus tard :

”Je viens de voir, t’y étais presque pour « chiller » [prononcé à l’anglaise tchil comme tu l’avais deviné]. C’est « relaxer », comme quand tu dis à quelqu’un d’énervé « chill out, man! » 😁”

Petits bonheurs (183) Le lac Kempt et Justin

Depuis un an donc, ces photos sont sur mon bureau… envoyées par mon grand petit-fils, Justin, 15 ans à l’époque, qui terminait son message par ces mots qui me ravissent toujours : « je ferais bien un câlin mais c’est dur à 5000 km de distance en plus de la COVID ». N’est-ce pas complètement craquant ?

Carnet des jours (47), hier à Aubres

Concert à Aubres, hier soir, avec trois artistes généreux, un accordéoniste (Daniel Mille), un violoncelliste (Eric Longsworth) et une poétesse, Sabine Venaruzzo, à la voix ensorcelante (elle est aussi chanteuse lyrique). « Faire sens, faire lien », c’est leur leitmotiv. « Osez l’écrire, osez le dire, osez le chanter », leur invitation à la fin du spectacle sur le thème de la liberté, pour ce concert qui tourne en Drôme. Financé par le ministère de la Culture, ainsi que l’a rappelé Pascale, la manageuse : « si l’on regarde notre feuille de salaire, à la fin du mois, on constate que ce n’est vraiment pas grand-chose, mais quand on voit avec quoi on repart dans le cœur, on se dit que ça vaut le coup ».

Au lieu des 80 personnes attendues dans le vieux village d’Aubres, ce sont 120 femmes, hommes, enfants qui ont rejoint la petite place venteuse. Une heure d’évasion, de musique complice, de mélopées nostalgiques, d’envolées syncopées, sur laquelle la voix de Sabine venait se poser.

Ci-dessous, un extrait du texte Et maintenant, j’attends, entendu hier soir, que l’auteure a dédié à Khojali, jeune soudanais rencontré à l’église de Vintimille, et à Marc Alexandre Oho-Bambé.

« Je suis né dans un rouge paysage
Parfumé d’entrailles et de poussières
Où les balles se fondent dans les corps
Où les enfants jouent aux billes de plomb

Et maintenant, j’attends

J’ai écrit dans mes mains le nom de ma mère
Juste sous mon pied le jour de ma naissance
Et j’ai marché sur les chemins d’espérance
Tenu les mots qui se perdent dans le vent

Et maintenant, j’attends

J’ai quitté mon frère à la seconde où
Je suis parti sans le choix de rester
J’ai offert ma force au désert de sang
Pour chercher l’or au centre de la terre

Et maintenant, j’attends

J’ai sauté par-dessus une frontière
Dans un éclat de rire j’ai crié
Me voici l’oiseau de la liberté
Mais déjà les ailes se dérobaient

Et maintenant, j’attends

Que s’effacent les souvenirs d’un trait
Que mon corps s’allège de mon histoire
Pour que la vague m’emmène loin loin
Juste de l’autre côté du miroir

Et maintenant, j’attends

J’ai caché mon corps dans la blanche écume
Retenu des mains et des pieds sans tête
Mais ne pouvais secourir l’autre moi
La mort fauchait sans faille les plus faibles

Et maintenant, j’attends

(…)
Extrait de Et maintenant, j’attends, Sabine Venarruzo, éditions de l’Aigrette.

Et nous sommes restés nombreux à déguster les produits locaux discutant ici et là sur les bancs de bois, découvrant de nouvelles têtes, nous promettant de nous revoir… La nuit est tombée sans prévenir, je suis restée avec la petite équipe municipale pour donner un coup de main, ranger les bancs, les tables, applaudissant ma petite sistra, organisatrice de l’événement… Et je suis repartie des mots plein la tête, et le cœur en joie.

MS

Arles, parmi ce que j’ai aimé #8 (Fin)

Spéciale dédicace pour mon père

Dans le Jardin des voyageurs, à Arles, cette année, peu de choses, et peu de choses intéressantes à mon goût, mais j’ai eu le regard accroché par cette série d’images de Girma Berta, intitulée Ombres mouvantes, où sur de grands aplats de couleur, l’artiste (graphiste, je crois, à l’origine) donne à voir sa ville, Adis Abeba, sous les traits de travailleurs qu’il met ainsi en scène, tout en leur rendant hommage. Le cartel disait « Nous sommes invités à les voir (ces travailleurs ordinaires) non pas comme les habitants anonymes d’une rue animée mais comme les personnages centraux de drames humains individuels. » Et c’est bien comme ça que je les ai vus.

Dans le même espace, Guillaume Bonn exposait quelques images d’un territoire ravagé par les guerres civiles : Mozambique, Tanzanie, Kenya, Somalie. Dans ce dernier pays, la photo de la femme en robe rouge qui monte les marches d’une cathédrale en ruines, à Mogadiscio, était incontournable. Voir la beauté là où il n’y a que désolation… La série est intitulée La côte du Moustique, le littoral de l’Afrique de l’Est, si j’ai bien compris.

Photos : © Marlen Sauvage et Carine Klingemann (1, 2 et 3).

Arles, en attendant encore…

Ce n’est pas que je parte trop loin, mais le temps de trier encore les photos (d’autant que j’en ai raté pas mal), de retrouver une ou deux réflexions à propos de l’une ou l’autre (notées quelque part, mais où ?), pour finir par être absorbée par autre chose… la lecture du dernier (vrai) courrier reçu sur son papier bleu, glissé dans son enveloppe bleue, la même couleur depuis quarante ans (et j’ai le vertige), ou le linge à étendre, ou l’idée (géniale) qui me traverse l’esprit pour le livre en cours concocté dans l’atelier de François Bon, ou la réponse au dernier audio reçu de Prèle (ce qui réclame bien une demi-heure), ce genre de choses qui font le quotidien, vous savez ce que c’est. Donc seulement une petite image d’un mur de la ville… A bientôt.