Beauté (19)

brigitte-audibert-sentiment

Le sentiment-paysage  du 9 novembre 2017, par Brigitte Audibert :

« Songez-vous avec moi
A la lune au bord de la montagne ?
Regrettant en souvenir la nuit courte et douce
Où nous nous éveillâmes, au cri du coq. »

Photo : ©Brigitte Audibert
Texte : Journal d’Izumi Shikibu, Journaux des dames de cour du Japon ancien.

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos photos/images et/ou textes sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

Mont aimé

marlen-sauvage-boukornine

A Carthage
dans le soleil rose d’un après-midi
j’ai retrouvé le Boukornine
et son long corps lascif
couché sur la Méditerranée

Apaisant Boukornine
Veilleur
Silencieux
Silencieux
Face à face
dont quelques vibrations
seulement me parviennent

Au flux des vagues
j’ai confié ma joie tranquille
ma respiration

Texte et photo : Marlen Sauvage

Beauté (18)

cecile-bertin-sentiment
Le sentiment-paysage du 8 novembre 2017, par Cécile Bertin :
Métaphore de la vie… Créer un barrage pour submerger ses douleurs, ne laisser émerger qu’un paysage , beau, lisse, lumineux. Mais quand , parfois notre être s’assèche de trop paraître, le barrage se rompt et donne à voir ces moments de vie heureux ou malheureux en strates graphiques.Au fond, la rivière mère coule toujours d’une eau limpide dans des méandres sculptant les couches sédimentaires. Alors on sait que l’essentiel est là, que ce tout est notre beauté.

Texte et photo : ©Cécile Bertin

 

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos photos/images et/ou textes sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

Beauté (17)

Claude-enuset-sentiment

Le sentiment-paysage du 7 novembre 2017, par Claude Enuset :

« Se poser sur la douceur compacte des cailloux, fantasmer que le monde fermé d’un côté est ouvert de l’autre, même si en un instant infini, il a semblé monochrome à mon regard qui appelait de la couleur. »

Texte et photo : ©Claude Enuset

 

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos photos/images et/ou textes sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

Beauté (16)

chrystel-courbassier-sentiment

Le sentiment-paysage du 4 novembre 2017, par Chrystel C. :

« Contempler la mer, immense, infinie, pleine, et se dire qu’il n’y a qu’un pas entre elle et moi. La survoler, plonger, s’y abandonner et se sentir léger, léger. »

Texte et image : ©Chrystel C.

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos photos/images et/ou textes sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

Comment se souvenir ?

marlen-sauvage-ciel-souvenir

« J’aurai passé ma vie à m’interroger sur la fonction du souvenir, qui n’est pas le contraire de l’oubli, plutôt son envers. On ne se souvient pas, on réécrit la mémoire comme on réécrit l’Histoire. Comment se souvenir de la soif ? »

Chris Marker
(Cité dans un article des Inrocks intitulé Chris Marker : Sans soleil, du 15/10/1997)

Photo : Marlen Sauvage

Beauté (15)

Stephanie-Briot-sentiment

Le sentiment-paysage du 3 novembre 2017, par Stéphanie Béchard Briot :

« Plein , dense, dans une continuité, ce qui nous relie malgré les reliefs, les courbures brisées, les troncs calcinés par endroits. Ces nuages d’un matin un peu plus sombre que les autres jours se confient à mon cœur alourdi. Maintenant il est temps. »

Texte et image : ©Stéphanie Béchard Briot

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos photos/images et/ou textes sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

 

Beauté (14)

 

Frederique-Terres-D-Encre

Le sentiment-paysage du matin du 30 octobre 2017, par Frédérique de Carvalho :

quelquefois en fait chaque fois que

l’on voit  ce qui

est

on entre

on ne sait pas ce qui

s’ouvre

on n’en a pas

idée

quelque chose traverse on est

traversé

ce n’est plus le regard

ce n’est plus ce

qu’on sait et qu’on peut

dire ou

taire

c’est la peau

qui

disparaît

on est passé dans

les silences

vivants

Texte et image : ©Frédérique de Carvalho

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos photos/images et/ou textes sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beauté (13)

Liliane-Paffoni

 

Le sentiment-paysage du 27 octobre à 14h12, par Liliane Paffoni :

«  L’automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l’hiver. » Georges Sand, François le Champi.

Texte et photo : ©Liliane Paffoni (Lac de Charpal)

A 21, j’arrête !
Quel serait votre « sentiment-paysage » du moment (ou d’un moment…) et quelle(s) photo(s) pour le représenter ? J’attends vos images sur lesateliersdudeluge@orange.fr Merci ! (Marlen Sauvage)

La cuisinière, de Monika Esse

Un écrit d’atelier par une participante, un soir de l’année 2016, à la bibliothèque de Florac.

marlen-sauvage-cuisine

Elle se sentait bien dans cette grande cuisine. On lui avait proposé ce travail de cuisinière, alors qu’elle était déjà près de la retraite. Elle avait toujours été un peu mère nourricière, c’était important de bien manger, que ce soit en famille ou comme ici dans une école ménagère pour jeunes filles. Matin, midi et soir, elle préparait les repas pour une trentaine d’élèves. Pas très grande, ni grosse, ni mince, toujours ceint d’un tablier en coton ou d’une blouse en nylon, elle se mettait devant les gros fourneaux de collectivité. Elle saisissait le lourd faitout plein d’eau à deux mains, fermement, avec force, et le posait sur le gaz . Pendant que l’eau chauffait, elle attrapait une grande poêle de la main gauche, y versait de l’huile d’arachide de la main droite et attendait que ça grésille. Quand elle commençait à avoir chaud dans la cuisine, elle remontait ses manches au dessus des coudes, refixait deux épingles dans son chignon qui laissait échapper quelques mèches grises. Elle avait bien essayé les cheveux courts, mais cela ne lui avait pas plu et tous les matins elle remontait son chignon avec quelques épingles. Depuis qu’elle travaillait à l’école, et qu’elle fréquentait des jeunes filles, elle avait commencé à mettre du rouge à lèvres. Pas pour travailler, bien sûr, mais quand elle sortait après le travail, jupe droite, cardigan, sac à main et chaussures à petit talon, elle se sentait plus jeune qu’autrefois. Même à la cuisine, son domaine, l’énergie lui était revenue. Elle commandait son second, faisait valser les casseroles et préparait les repas avec entrain. Ses grands yeux noirs surveillaient la cuisson des pâtes comme la poêlée de pommes de terre. Ah, ces patates ! C’était un poème ! Tous ceux qui y ont goûté s’en souviennent. Traditionnelles, nageant dans l’huile, dorées à souhait, grillées au fond de la poêle sans être noires…Les patates de Mémé Germaine ! Comment faisait-elle pour trente personnes ce que nous arrivions tout juste à faire pour une demi-douzaine ? Quand tout le monde avait été servi dans le réfectoire, elle mangeait debout dans la cuisine, à l’ancienne, c’est à dire comme les femmes qui faisaient manger leurs hommes tout en restant debout, appuyée sur la table de ferme. Elle était fière de son travail, et contente des compliments qu’elle recevait avec un petit sourire timide qui remontait à peine aux coins de ses lèvres.

Quand elle était au calme dans sa chambre, elle sortait sa laine et ses aiguilles, et avec ses doigts agiles cernés de deux bagues dorées, elle tricotait des pulls colorés pour ses petits-enfants. Le dimanche midi, elle s’invitait chez eux avec le petit carton de la pâtisserie du village, où étaient alignés les éclairs au chocolat, les pêches et les gâteaux à la frangipane. Elle se privait de sucre, elle n’en mangeait pas, mais elle gavait avec plaisir les enfants gourmands qui, joyeusement, en redemandaient chaque dimanche.

Texte : Monika Esse
Photo : Marlen Sauvage